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Joe Colombo

Total design !

L'Oeil - n° 592 - Juin 2007

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Après un voyage en Europe, la rétrospective Joe Colombo prend ses quartiers d’été au musée des Arts décoratifs à Paris. L’occasion de redécouvrir un designer aux projets et aux lignes futuristes.

 La fulgurance d’un génie. C’est sans doute l’image qui colle le mieux au créateur italien Joe Colombo (1930-1971) tant son parcours professionnel fut bref.
Né à Milan, il suit d’abord des cours de peinture à l’Académie des beaux-arts, puis d’architecture au célèbre Politecnico, avant de rejoindre les peintres Enrico Baj et Sergio Dangelo au sein du Movimento Nucleare. Ce n’est qu’en 1958 que Colombo commencera à lorgner du côté du design.

La pipe et la montre
Quatre ans plus tard, en 1962, il ouvre son agence à Milan. Débute alors pour lui une période d’intense créativité. En une décennie à peine, il dessine une ribambelle d’objets novateurs – montre, lampe, vaisselle, mobilier… –, une multitude de systèmes d’habitats modulaires, moult aménagements intérieurs et un édifice – celui de la Via Rosolino Pilo à Milan, le seul qu’il ait construit.
Lorsqu’il songe à Joe Colombo, le designer italien Alessandro Mendini se souvient de deux objets qui résument à merveille le personnage : « Joe avait toujours un caractère très calme, sa pipe à la bouche, raconte-t-il. Celle-ci était en bois, un matériau très traditionnel. En revanche, à son poignet, il arborait une montre en plastique : le matériau du futur. »

Le père du design italien
À la fin des années 1960, Joe Colombo n’a pas encore 40 ans, mais il est déjà l’un des designers les plus en vue. Il est invité dans les expositions collectives et parcourt foires et salons internationaux, l’occasion pour lui de présenter aux journalistes ses objets, de leur expliquer ses théories. Colombo sillonne la planète, dessine au restaurant, à l’hôtel ou dans les avions. Jusqu’à ce jour de juillet 1971 où il souffle ses 41 bougies et est fauché par un infarctus.
Joe Colombo jouera pourtant un rôle primordial dans l’émergence de l’industrie du design dans l’Italie de l’après-guerre. Il y a en effet un « avant J. C. » et un « après J. C. », comme l’explique l’architecte Ignazia Favata, qui fut sa proche collaboratrice : « Avant, les entreprises de l’ameublement ne fabriquaient que des meubles de style. Colombo a créé la rupture avec le passé. La vraie production industrielle italienne a démarré avec lui. » Un jalon assurément.

Christian Simenc

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