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Antiquaires

L’esprit d’ouverture du Carré Rive Gauche

L'Oeil - n° 592 - Juin 2007

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Début juin, promeneurs et amateurs d’arts se retrouvent pour les trente ans du Carré Rive Gauche, trois jours de fête durant lesquels une centaine de marchands montrent leurs plus belles pièces.

Cette année, le Carré Rive Gauche souffle ses trente bougies. Toujours aussi éclectique, le parcours se compose de cent vingt antiquaires et galeristes situés au cœur du VIIe arrondissement et dont les spécialités vont de l’archéologie à la création contemporaine. Question tradition, celle de l’objet extraordinaire est maintenue. Question nouveauté, le Carré s’ouvre pour la première fois au mécénat. Un prix Carré Rive Gauche des écoles d’art va ainsi récompenser un étudiant issu d’un des neuf établissements sélectionnés, parmi lesquels on compte les Beaux-Arts, situés à quelques encablures, mais aussi l’école Boulle ou l’école Estienne.

Une dizaine de nouveaux venus
Selon le nouveau président Olivier Delvaille, l’idée est de désacraliser le monde des antiquaires et de toucher un public plus élargi que celui des amateurs éclairés. « Nous voulons montrer que notre milieu et notre quartier sont toujours aussi dynamiques. D’ailleurs, nous vendons différemment par rapport à avant. Nous présentons mieux les objets et les mélangeons avec d’autres périodes. Nous avons gagné en qualité et cela attire aussi de jeunes galeries. »
Confirmant ses propos, une dizaine de marchands se sont installés cette année dans le quartier. Certains ont fait leurs premiers pas aux puces de Saint-Ouen, comme Nicolas Denis qui se consacre au mobilier et au design des années 1960-1970. Même spécialité à la Galerie parisienne qui propose à l’occasion du Carré une exposition des bijoux de défilés de Pierre Cardin. Xavier Nicolas avait lui aussi fait ses armes aux Puces en tant qu’antiquaire, mais prend pour ses nouveaux lieux un virage plus contemporain, avec les céramistes et designers Nathalie Domingo et Bernard Mauffret.
Virage encore plus radical que celui d’Hélène Bailly, qui a repris la galerie familiale dévolue depuis vingt-cinq ans aux tableaux anciens, pour se tourner vers l’art contemporain. Son exposition « Premier Choix » propose sept artistes, parmi lesquels le collectif Gangz et l’Homme Rose. Quant à la pétillante Corinne Than-Trong, elle peut disserter des heures durant sur les vêtements vintage haute couture de Dior, Saint-Laurent, Chanel, Patou, Lanvin ou Cardin, dans sa galerie Renaissance .

Marie Maertens

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