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Rodin nippon

L'Oeil - n° 592 - Juin 2007

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On se souvient de la merveilleuse exposition retraçant la rencontre fortuite et passionnée entre Rodin et les petites danseuses cambodgiennes entrevues lors de l’Exposition coloniale de Marseille de 1906… On sait peut-être moins que le maître de Meudon rencontra aussi, lors de ce séjour éclair, une comédienne japonaise du nom de Hanako, dont l’anatomie et le jeu expressif lui inspirèrent près d’une soixantaine de sculptures et une trentaine de dessins d’une force plastique inouïe.
Loin de traduire un quelconque penchant exotique, ce face-à-face entre le vieil artiste occidental et la jeune Japonaise allait prendre des allures de révélation. En croquant sur le vif l’anatomie musculeuse et les traits contractés de cette interprète de kabuki hors pair, Rodin souhaitait, ni plus ni moins, saisir la quintessence même de l’esthétique nippone faite d’épure et d’instantanéité…
Il est vrai que l’artiste avait déjà été initié par ses amis peintres et collectionneurs aux subtilités de l’art japonais. On le voit fréquenter, dès les années 1880, les frères Goncourt, Claude Monet, Camille Pissarro, Octave Mirbeau, Henri Cernuschi, James MacNeill Whistler, tous passionnés d’estampes ! Van Gogh lui-même offre à son ami sculpteur son Portrait du père Tanguy où l’on voit poser le marchand de couleurs sur fond de « crépons », dont le célèbre Mont Fuji d’Hokusai. Rodin se pique de collectionner à son tour estampes, gravures et pochoirs, ainsi que de nombreux masques, vases et autres objets chinés chez les plus grands galeristes.
Tel un Picasso regardant l’art nègre pour y puiser de nouvelles sources d’inspiration, le sculpteur s’entoure d’objets nippons – parfois modestes – rejoignant ses propres aspirations plastiques. Reflet de ces troublantes affinités électives, le maître aura couché sur le papier d’admirables dessins dits « japonais », merveilles de grâce et de modernité avec leur trait rapide, leur ligne souple, et leurs légers rehauts de couleur. Malgré son profond désir, Rodin ne put jamais les exposer à Tokyo. « Il me semble que les Japonais sont les mieux à même d’en goûter l’intérêt », confessait pourtant l’artiste en 1912…

Bérénice Geoffroy-Schneiter

« Rodin, le rêve japonais »

musée Rodin, 79, rue Varenne, Paris VIIe, tél. 01 44 18 61 10, www.musee-rodin.fr, jusqu’au 9 septembre 2007.

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