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Depuis quelques années, la situation des musées en France relève singulièrement du trompe-l’œil. Alors que le discours ministériel ne manque pas une occasion de souligner la volonté politique d’enrichir le patrimoine, la réalité sur le terrain apporte souvent la preuve exacte du contraire. Surtout, elle laisse se profiler un futur à deux vitesses, aussi éloignées l’une de l’autre que l’est le TGV de la charrette à bras. D’un côté, les établissements publics, champions toutes catégories, qui cumulent les avantages, comme le Louvre et Orsay. Le statut de ces derniers leur permet par exemple de consacrer à leurs acquisitions 20 % des recettes tirées de la vente des billets d’entrée, un privilège par ailleurs interdit au château de Versailles. Ils sont dispensés aujourd’hui de cotiser pour leurs « petits frères » de province, sortis qu’ils sont du système de mutualisation que nous enviaient tant de professionnels à l’étranger. Le développement du mécénat dans notre pays est même en train de creuser ce fossé en bénéficiant majoritairement aux grands musées, plus porteurs en termes d’images. Résultat, quand le Louvre alignait en 2005 les acquisitions millionnaires en euros, le Musée des ...
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