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Dada pour toujours ?

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Né en territoire neutre dans un cabaret zurichois, le Dadaïsme fut par essence théâtral, et se donna les masques de la farce qui se lovait dans les plis d’un nihilisme pathétique pour tous, désespéré pour certains. Dans son principe, il est d’une simplicité biblique : au beau milieu du chaos des années dix et vingt, tout, pour l’artiste, devient possible. Aucune règle, aucun a priori, aucune censure ne peuvent l’empêcher de s’exprimer, de rire et de moquer tout, de détruire et de reconstruire des langues nouvelles. Contre l’art bourgeois conventionnel, mais aussi contre le Cubisme ou le Futurisme, Dada prônait la réversibilité des valeurs sans souci de perspective. Jusqu’à ce que le Surréalisme, tirant un habile parti de quelques inventions, y mette bon ordre : de procès en récupérations diverses, Dada pouvait entrer dans l’histoire qu’il avait tant méprisée, tandis que Marcel Duchamp préservait et durcissait par la promotion de l’objet une marge de manœuvre qui eut la singulière fortune que l’on sait.
Dans ses années fastes, entre 1916 et 1923, Dada ne ressemblait à rien ; le Néo-dadaïsme contemporain n’a évidemment pas ce privilège : lui reste seulement un statut de l’artiste omnipotent qui n’a guère évolué. Tout, dans les années soixante et soixante-dix, pouvait encore sembler possible, et Fluxus, entre autres mouvements, ne se fit pas faute d’exploiter ce capital. De répétitions en crises morale et marchande, et alors que les idéologies s’affaissaient, les dernières années ont vu l’émergence d’une rhétorique néo-dadaïste qui s’est présentée comme un langage constitué et inévitable, une nécessité à laquelle on ne pouvait se dérober. Culte sans fondement du présent et volonté contradictoire, ­en apparence, de s’approprier l’Histoire se sont sédimentés dans la nostalgie, que des esprits chagrins retrouvaient en même temps dans l’exaltation du métier académique et des Beaux-Arts.
De sorte que cette alternative obsolète, qui oppose visions progressiste et révisionniste, régit aujourd’hui l’appréhension critique de l’art. En s’interrogeant sur le Néo-dadaïsme, il ne s’agit pas de jeter l’art contemporain avec les eaux incertaines du dogmatisme, mais de comprendre la part mythique qui, plus que les idées, fonde certaines attitudes et pratiques artistiques. On l’aura compris, il ne s’agit donc pas de fustiger quoi que ce soit ou d’exprimer des regrets, encore moins de soutenir la mélancolie inconsolable d’un esprit fin de siècle, mais de s’essayer à tracer quelques lignes perspectives vers d’autres horizons.
Nous avons demandé à des critiques, historiens, conservateurs et artistes de "répondre" à la question suivante :
Parallèlement à un intérêt historique renouvelé pour le mouvement Dada (expositions et publications), on assiste depuis quelque temps à la résurgence d’une rhétorique néo-dadaïste dans l’art contemporain. Comment jaugez-vous et jugez-vous cette tendance ?

Dada valeur-refuge

En 1989, j’ai donné une esquisse internationale d’un Journal du mouvement Dada. Je me suis à cette occasion rendu compte que cette tentative était, significativement, la première. Les deux ouvrages de référence étaient alors d’une part, le volume anthologique de Robert Motherwell, Dada Painters and Poets (1951), qui a révélé aux États-Unis un choix important de textes et manifestes originaux, d’autre part en France, une Histoire du Dadaïsme parisien (Sanouillet, 1965). Ce qui en dit assez long sur le refoulement de Dada dans l’histoire de notre culture. Sa "découverte" muséale aujourd’hui, avec des accents triomphalistes ("Imaginez la joie de Kurt Schwitters", "Enfin à Paris", etc)1, ne témoigne que du temps mis à reconnaître cette œuvre, comme tant d’autres qui restent à découvrir en France, après les sempiternels Dali, Ernst, et autres (sur) Réalismes.

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Dada, répétez ?

La rhétorique dadaïste est bien connue : exclamative, faite d’anathèmes, d’affirmations drôlatiques, d’énoncés sybillins, de contradictions flagrantes, elle se signale par son débridé péremptoire. Allègre ou grinçante, on sait qu’elle se proposait de faire table rase du passé comme de ses instruments logiques, produisant dans le même mouvement un effet de signature si évidemment repérable qu’il a été aisé à l’histoire de l’art de la classer une fois pour toutes, avec plus d’attendrissement encore que d’inquiétude, sous le registre de la provocation, registre ininterrogé, désormais nimbé de son aura de scandale.

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