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Donation

Charles Saatchi philanthrope

Le Journal des Arts - n° 329 - 9 juillet 2010

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Le collectionneur offre deux cents œuvres à l’État britannique afin de créer un musée d'art contemporain.

LONDRES - Le collectionneur Charles Saatchi avait déjà fait beaucoup pour l’art anglais en montant une mayonnaise autour d’une génération d’artistes promus sous le logo « Young British Artists ». Il poursuit son action en offrant à la nation britannique deux cents œuvres d’une valeur de 25 millions de livres sterling (30,3 millions d’euros). L’objectif ? Créer un musée public d’art contemporain, baptisé « MOCA London ». Une tentative de rédemption qui n’est pas sans rappeler celle du marchand Anthony d’Offay, lequel avait fait un don important l’an dernier à la Tate (Londres) et à la National Gallery of Scotland. Sauf que, dans le cas de Saatchi, le bénéficiaire n’est pas déterminé. De fait, faute de savoir quel organisme public pourrait gérer le futur lieu, le gouvernement britannique n’a pas encore accepté le don. Mais le geste généreux de Charles Saatchi est sans doute le bienvenu en période de disette budgétaire, où des coupes (au moins 25 %) sont prévues dans les ministères (lire p. 4).

70 % des œuvres données par Saatchi seront inaliénables, et 30 % pourront être mises en vente pour assurer les futures acquisitions du musée. Celui-ci restera dans le spectaculaire bâtiment de 6 500 mètres carrés loué depuis 2008 par la Saatchi Gallery dans le quartier de Chelsea, à Londres. Parmi les œuvres inaliénables, on retrouve le fameux lit défait de Tracey Emin, exposé en 1999 à la Tate, lorsqu’elle fut nominée pour le Turner Prize, et le Tragic Anatomies des frères Chapman. L’ensemble compte aussi l’installation Ghost de Kader Attia, composée d’une centaine de silhouettes en position de prière, que Saatchi avait acquise voilà deux ans. « En janvier, lorsque la Tate m’a acheté trois pièces, la conservatrice en chef Jessica Morgan m’a dit qu’elle aurait aimé avoir celle-ci en particulier, et qu’elle espérait que Saatchi en fasse don un jour, confie Kader Attia. Je trouve son geste fantastique. Il ne donne quasiment que des pièces importantes. Il a un désir de postérité. » Pour l’artiste indien Jitish Kallat, dont la reproduction en ossements d’un discours de Gandhi figurera dans la collection, « le geste de Saatchi va booster la philanthropie de manière générale. J’espère qu’il inspirera des gestes similaires en Inde, où le soutien à l’art est urgent ».

Interrogations en pagaille
Restent de nombreuses inconnues. La liste complète des œuvres est confidentielle et elle ne viendra déflorer la Saatchi Gallery qu’à partir de 2012. La date d’ouverture du futur musée est floue. Il est précisé qu’il verra le jour quand Saatchi décidera de prendre sa retraite. Ce qui, dans le domaine de l’art, peut nous renvoyer aux calendes grecques… Pour rester gratuit, le futur lieu fonctionnera grâce au sponsoring, en accueillant des événements privés. Mais qu’en sera-t-il du partenariat avec son colocataire actuel, la société Phillips de Pury & Company ? Une institution publique pourrait difficilement rester associée à une maison de ventes. Le nom du futur directeur n’est pas non plus indiqué. Or, Saatchi n’a jamais été tendre avec les conservateurs. Dans son livre Plus vous aimez l’art, plus vous l’aimerez, il écrit : « À quelques exceptions près, les conservateurs de renom qui courent les événements internationaux comme des globe-trotters ont tendance à travailler avec la notice d’utilisation de leur PC dans une main et un exemplaire de L’Art de bluffer sur la théorie artistique dans l’autre. » La passation de pouvoir ne sera pas simple, d’autant plus que le nouvel établissement devra poursuivre « la politique mise en place par Charles Saatchi », selon le communiqué de presse. Or, la Saatchi Gallery n’a jamais eu de « politique ». Elle a toujours fonctionné selon l’instinct de son propriétaire, qui fut toujours le seul commissaire de ses expositions…

Roxana Azimi

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