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Enchères

Le marché chinois en plein boom

Le Journal des Arts - n° 328 - 25 juin 2010

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En position de force sur le continent, les maisons de ventes chinoises gagnent du terrain sur leurs concurrentes Christie’s et Sotheby’s à Hongkong.

LONDRES - Conséquence de l’étonnante croissance du marché des enchères sur le continent chinois, amorcée en 1993 avec l’ouverture de la maison pékinoise China Guardian et soutenue par l’éclosion de près de deux cent cinquante établissements spécialisés, les maisons de ventes chinoises se posent aujourd’hui en sérieux compétiteurs face à Sotheby’s et Christie’s. D’après ArtTactic, spécialiste londonien de l’analyse du marché, les chiffres des deux plus grandes maisons du continent, China Guardian et Beijing Poly, ont dépassé pour la toute première fois ceux de Sotheby’s et Christie’s à Hongkong à l’automne 2009.

L’ouverture de China Guardian a rapidement fait des émules ; Pékin est en première place, avec des poids lourds parmi lesquels Beijing Poly, Hanhai, Huachen, Council, Cheng Xuan, Rongbao et, plus récemment, Zhongmao Shengjia. Les grandes ventes se tiennent au printemps et à l’automne, mais quelques maisons organisent des vacations de mi-saison en mars. Cette année, cet avant-goût du programme s’est révélé probant. China Guardian annonce un chiffre d’affaires de 31,2 millions d’euros pour ses ventes du 20 au 22 mars. Les montants étaient également élevés chez Poly, qui a réalisé un total de 14,37 millions d’euros entre les 19 et 24 mars. Une vente plus modeste organisée par Rongbao le 16 mars témoignait pour sa part de la hausse rapide du nombre de collectionneurs dans le pays. Cette vente d’art abordable était la première à cibler directement les classes moyennes chinoises, qui augmentent régulièrement.

Les auctioneers chinois ont donc de beaux jours devant eux. D’après le rapport 2010 de l’institut Hurun sur les richesses, la chine compterait près de 2 000 milliardaires en yuans [1 milliard de yuans équivaut à 122 000 euros] dans une économie en plein boom, et nombreux sont ceux qui développent le goût de collectionner. Après les automobiles et les bijoux, les tableaux anciens chinois constituent le marché le plus prisé : en 2009, les dix œuvres anciennes chinoises les plus chères ont toutes été vendues dans des maisons de ventes du continent chinois. China Guardian a réalisé 231,26 millions d’euros en chiffre d’affaires en 2009 rien que pour les tableaux anciens et la calligraphie chinoise. Un nouveau palier a été franchi à l’automne dernier lorsque Guy et Myriam Ullens ont choisi de vendre une partie de leur collection chez Beijing Poly. La vacation a rapporté 188,4 millions d’euros, un résultat jamais obtenu jusque-là sur le continent. 

Collectionneurs en hausse
Sotheby’s et Christie’s continuent à dominer la scène honkongaise, ce malgré la présence de cinquante-cinq autres maisons de ventes sur place. D’après un récent rapport de Clare McAndrew de la société Arts Economics (« The International Art Market 2007-2009 »), ces maisons se fournissent à l’échelle mondiale et revendent au niveau local, Hongkong concentrant environ les trois quarts des transactions en art asiatique des deux maisons. Or la loi chinoise interdit aux maisons étrangères d’exercer leurs activités sur le continent, et de vendre des vestiges culturels à Hongkong – tandis que le continent semble prêt à renforcer sa mainmise sur les marchés internationaux, en particulier pour ce qui concerne les œuvres d’avant 1911. Seules les maisons de ventes sous contrôle chinois ont accès aux œuvres ayant échappé à l’exode des vestiges culturels qui a suivi la mise à sac du Palais d’été en 1860 et la révolte des Boxeurs de 1899-1901. La forte croissance de ce marché a été stimulée par les collectionneurs chinois, qui achètent les œuvres d’avant 1911 sur les marchés occidentaux pour les revendre sur le continent.

La présence grandissante de ces collectionneurs s’est ressentie à un niveau international. « Nous avons entendu dire que, ces cinq dernières années, le gouvernement chinois avait autorisé les collectionneurs chinois à dépenser plus d’argent à l’étranger, afin d’apparaître comme des défenseurs actifs de l’importation d’œuvres d’art », observe Philip Constantinidi, directeur chez Eskenazi, galerie chinoise basée à Londres. François Curiel, président-directeur général de Christie’s Asie, est parfaitement conscient de ce bouleversement. « Au départ, je croyais que la France avait le marché des enchères le plus compétitif avec quatre-vingts commissaires-priseurs à Paris, mais ce n’est rien comparé à la Chine. En 2009, neuf des vingt meilleures maisons de ventes du monde étaient chinoises », explique-t-il. « Contrairement aux États-Unis ou à l’Europe où Christie’s est le leader de marché [en art asiatique], le scénario ici est complètement différent et nous devons déterminer la meilleure manière de nous adapter. » 

Selon Curiel, l’accord conclu en 2005 avec Forever Auctions, à Pékin, permet à Christie’s de se tenir au courant des développements sur le continent, tout en aidant Forever à instaurer et préserver des pratiques internationales – une défaillance de la réglementation du pays sur les enchères datant de 1996 exonère en effet les maisons de ventes de toute responsabilité dans le cas où les œuvres vendues se révélaient fausses ou contrefaites. Le directeur général de Sotheby’s Asie, Kevin Ching, a indiqué que la société n’adopterait pas la même stratégie. D’après lui, la longue histoire de la maison à Hongkong – la première vente s’y est tenue en 1973 – est une motivation pour les acheteurs chinois : « La liste des clients chinois du continent ne cesse de s’agrandir, tant en nombre qu’en valeur d’achat. Ils ont déjà dépensé en 2010 autant que sur toute l’annnée 2009. »

Lawes Viv

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