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Financements croisés

Calvet, un musée à finaliser

Le Journal des Arts - n° 327 - 11 Juin 2010

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Rouvert partiellement en 1996, le Musée des beaux-arts et d’archéologie d’Avignon attend toujours son achèvement.

AVIGNON - Reconquérir progressivement l’hôtel de Villeneuve-Martignan, dans lequel l’institution est logée depuis 1833. Tel est l’objectif de Sylvain Boyer, directeur du Musée Calvet depuis 2005, afin de mener à son terme le projet initial de l’établissement, laissé en jachère depuis le milieu des années 1990. En 1996, sa réouverture après de longues années de fermeture et le transfert de la bibliothèque avait eu lieu sans que l’intégralité du projet n’aboutisse, seul un tiers des surfaces étant ouvertes au public. Et, avec plus de 25 000 œuvres en réserve – contre seulement 3 000 présentées –, le musée est encore loin d’exploiter toutes ses possibilités.

Sa fréquentation stagne à 35 000 visiteurs par an, soit un chiffre faible en regard de la qualité et du caractère encyclopédique des collections du musée, logé de surcroît dans l’un des plus beaux bâtiments historiques du centre-ville d’Avignon, à quelques minutes du palais des Papes qui draine à lui seul près de 500 000 visiteurs par an. "Sans salle d’exposition temporaire, il nous est difficile d’attirer davantage de public", déplore Sylvain Boyer. Dans les cartons depuis plusieurs années, un projet d’exposition dédié aux Vernet, peintres originaires de la ville, a été ajourné faute de salle. Or, il suffit de déambuler dans l’hôtel pour constater que des espaces facilement aménageables existent déjà. Le chantier, qui comprend aussi un auditorium, a été chiffré à 3 millions d’euros. Cela alors qu’une liaison a été ouverte, sans être exploitée, avec l’hôtel de Montlaur mitoyen, propriété de la ville et toujours inoccupé sur ses quatre étages depuis l’abandon du projet initial. Parallèlement, grâce au concours de l’État, de nouvelles réserves ont heureusement pu être aménagées hors du musée.

Mariage forcé
Près de quinze ans après cette réouverture, l’achèvement des travaux ne semble toujours pas au programme. Il faut dire que la situation du Musée Calvet est des plus atypiques. Né du legs du médecin et archéologue Esprit Calvet (1728-1810), le destin de l’établissement demeure étroitement lié à la fondation éponyme, tout comme six autres établissements d’Avignon et de Cavaillon. Un organisme dont le patrimoine, qui continue à s’enrichir de nombreux dons et legs, est jalousement préservé des convoitises par trois administrateurs testamentaires. Avec les représentants de la ville, ils forment ainsi un "conseil des huit", organisme gestionnaire indépendant dont le règlement a été rédigé par le Conseil d’État. Mais l’argent de la fondation n’est versé que pour les collections ou les expositions, comme un mécène à demeure, le coût du fonctionnement ayant été laissé par Calvet à la ville, qui loge également le musée "au titre de la charge du legs initial". Ville et fondation sont donc contraintes à un mariage forcé.

D’où des antagonismes récurrents, qui ont atteint leur paroxysme en 2003, quand le conseil municipal a tenté d’imposer une modification de statut considérée comme une tentative d’OPA par les exécuteurs testamentaires, confirmés dans leur droit par les tribunaux. "Nous sommes des mandataires post mortem de gens qui ont sacrifié leur héritage au profit de la collectivité", rappelle l’un d’eux, Me Bertrand Lapeyre. Vice-président de la fondation, ce dernier est rarement tendre à l’égard des "fonctionnaires qui gèrent la culture en thésaurisant à la façon d’Harpagon", et avoue caresser le projet d’organiser des expositions… avec le mécène suisse Léonard Gianadda. Une situation qui s’avère souvent difficile à gérer pour le directeur et les agents du musée, sous tutelle de la ville. "Nous sommes entre le marteau et l’enclume, reconnaît Sylvain Boyer. Mais le musée a trop fait parler de lui pour de mauvaises raisons."

Dans ce contexte, la signature d’une convention de cofinancement – aux deux tiers pour la fondation – pour la restauration des salons du XVIIIe siècle classés du musée laisse augurer de meilleurs rapports. "C’est à la limite de notre statut, mais nous avons joué sur le fait que les boiseries sont des immeubles par destination", reconnaît Bertrand Lapeyre. Restaurés par Didier Repellin, architecte en chef des Monuments historiques, ces espaces permettront à l’institution d’accueillir, dès 2011 pour son bicentenaire, une présentation des collections égyptiennes qui n’ont pas été exposées depuis vingt-cinq ans. Depuis son arrivée, Sylvain Boyer travaille par touches successives à moderniser le parcours et à restaurer les collections, en puisant sur les fonds propres du musée. En 2006, les peintures nordiques ont ainsi pu être restaurées et raccrochées alors qu’en 2007, une salle de peinture religieuse a été ouverte. Et voici quelques semaines, c’est un espace dédié à l’art moderne, constitué notamment grâce à des donations de la veuve d’Albert Gleizes, de l’un des premiers acheteurs de Soutine, Émile Joseph-Rignault, ou du marchand Victor Martin, qui a pu être inauguré. Mais l’essentiel reste à faire : doter le musée des moyens de remplir pleinement sa mission de service public culturel.

Sophie Flouquet

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