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Accueil > Le Journal des Arts > Archives > Chtchoukine, Morozov et les Commissaires - Le Journal des Arts - n° 6 - Septembre 1994

Markova Victoria - 3961 mots - Le Journal des Arts n° 6 - Septembre 1994

Le destin mouvementé des collections de Chtchoukine et Morozov

Chtchoukine, Morozov et les Commissaires

Devant les œuvres de Matisse, Vorochilov éclata d’un rire haineux…

3961 mots - Le Journal des Arts n° 6 - Septembre 1994

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"Montrer ces collections aux masses populaires est politiquement dangereux." La découverte récente aux Archives d’État de la Fédération de Russie du texte du décret de Staline qui faisait disparaître le Musée d’art moderne occidental – publié ici pour la première fois – amène Madame Marckova, conservateur au Musée Pouchkine de Moscou, à établir un historique précis de la constitution et de la dispersion des collections de Chtchoukine et Morozov. Elle cerne les motivations des intervenants successifs et pose la question du devenir des œuvres.

Au début du siècle, la Russie possède des collections d’œuvres impressionnistes et postimpressionnistes, un ensemble unique de tableaux de Gauguin, de Van Gogh, Cézanne, Derain, et les premiers chefs-d’œuvre de Matisse et Picasso. "Moscou, écrit en 1911 le peintre et critique d’art russe, Alexandre Benois, est la ville de Gauguin, Cézanne et Picasso". Sergueï Chtchoukine et Ivan Morozov, deux grands marchands – industriels du textile –, ont constitué ces collections de tableaux français à une époque où le [...]

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Le décret de Lénine
Compte tenu du fait que la galerie de Sergueï Chtchoukine contient une collection unique de grands maîtres européens, principalement des peintres français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, et que sa grande valeur artistique a une importance nationale pour l’éducation du peuple, le Conseil des commissaires du peuple a décrété :
1. La collection d’art de Sergueï Chtchoukine sera déclarée propriété d’État de la République socialiste fédérale de Russie, et sera remise au Commissariat du peuple à l’Éducation, aux mêmes conditions que les musées d’État. 2. L’immeuble de la galerie, N° 8, passage Znemensky, le terrain attenant qui constituait la propriété de Sergueï Chtchoukine, et son contenu, seront mis à la disposition du Commissariat du peuple à l’Éducation.

Qu’en est-il aujourd’hui ?
Le problème que posent les collections Chtchoukine et Morozov n’est pas résolu de façon satisfaisante. Pourtant, ces musées, qui ont su éviter la destruction des œuvres, devront trouver la sagesse nécessaire pour aller au-delà. Les musées russes manquent de moyens financiers ; la location d’expositions est aujourd’hui, pour tous les grands musées, une source importante de fonds. Quelle position adopter ? Si l’on porte aux anciennes collections un intérêt historique, on cherchera à reconstituer ce qui a été dans le passé.

Mais d’une part, un regard rapide montre qu’il est impossible de recomposer ces ensembles : quatre œuvres au moins ayant appartenu à Morozov sont aujourd’hui dans les musées américains. D’autre part, les musées russes n’envisagent pas de se séparer des toiles. Mikhaïl Piotrovski, directeur de l’Ermitage, au moment de la demande de mise sous séquestre des Matisse exposés au Centre Pompidou, a fait savoir qu’aucune toile issue de l’ancienne collection de l’industriel ne sortirait de Russie si un risque de saisie planait sur ces œuvres. Quant à Irina Antonova, directrice du Musée Pouchkine, elle considère que les cartels affichés dans les salles du musée relatent suffisamment l’histoire des collections et des collectionneurs, et que les historiens d’art n’ont pas la responsabilité de l’aspect juridique des problèmes soulevés. Un musée des collectionneurs pourrait être une réponse dans le futur.

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