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Stratégie

Beaubourg veut repenser le monde

Le Centre Pompidou s’engage dans un programme lié à la recherche et à la mondialisation

Le Journal des Arts - n° 320 - 5 mars 2010

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Le Centre Pompidou s’engage dans un nouveau programme lié à la recherche et à la mondialisation, afin de mieux prendre en compte la production artistique des pays dits émergents. À la tête de l’initiative, Catherine Grenier, nommée directrice adjointe du Musée national d’art moderne, présente en avant-première son projet.

PARIS - De certains échecs peuvent naître de bonnes idées. Nouvellement nommée directrice adjointe du Musée national d’art moderne à Paris, en charge de la recherche et de la mondialisation, Catherine Grenier a pris à bras-le-corps deux concepts développés dans son projet avorté d’une antenne du Centre Pompidou au Palais de Tokyo.

« J’ai vu à ce moment-là quels étaient les nouveaux enjeux et les nouveaux réseaux, déclare-t-elle. Il faut repenser le musée lui-même. On ne peut se satisfaire aujourd’hui d’être un musée occidental ouvert à ce qu’on appelle les pays émergents, qui sont en fait de grandes puissances économiques. Il faut s’adapter, repenser le monde en termes de pôles que nous devons bien connaître et présenter dans notre collection. Penser la mondialisation au XXIe siècle, c’est repenser l’internationalisation au XXe siècle, regarder les territoires qui ont alors été négligés, relire l’histoire de l’art. » De fait, la question de la recherche est intrinsèquement liée à la mondialisation. Celle-ci s’articulera sur quatre axes.

En tout premier lieu, il s’agit de poursuivre le mouvement initié par l’exposition « elles@centrepompidou » lancée en 2009 et devenir un lieu de référence pour la question du genre féminin, en s’appuyant sur le site Internet développé à l’occasion du nouvel accrochage des collections. L’histoire des expositions, basée sur l’exploitation des archives du musée, sera un autre cheval de bataille. Troisième angle de développement, celui des archives d’artistes que le Centre Pompidou s’attacherait à numériser. Dernier point, enfin, celui des French studies, effectifs dans les universités américaines en matière de littérature mais très faibles en arts plastiques. Sans doute faudra-t-il imaginer des bourses à l’attention de chercheurs étrangers. De fait, l’institution devra aussi repenser ses liens avec l’université. Pour l’heure, elle n’a aucun partenariat régulier, si ce n’est le programme « École des arts politiques » mis en place avec l’Institut d’études politiques de Paris, qui devrait débuter à la rentrée prochaine.

Des réseaux et de l’argent
Reste la question cruciale de l’enrichissement des collections du musée. Celui-ci compte déjà des pièces de pays émergents, mais pas de véritable programme de développement en la matière. « Il y a plusieurs entrées possibles, observe Catherine Grenier. Le MoMA [Museum of Modern Art, à New York] met en place des groupes de travail sur des zones géographiques avec des dénominateurs communs, comme la performance ou l’abstraction géométrique. Cela rejoint les communautés existantes aux États-Unis, latino et afro. Le Brooklyn Museum pense plutôt aux communautés en termes de développement urbain. On devra croiser l’ensemble, et commencer avec les scènes pour lesquelles nous avons des affinités. » Autrement dit l’Afrique, le Maghreb et le Moyen-Orient. L’Amérique latine n’est toutefois pas en reste, puisque, dès les années 1970, plusieurs générations d’artistes sud-américains ont transité par l’Hexagone.

Pour mener à bien ces projets connexes, il faudra des réseaux et de l’argent. Première étape, la constitution de nouvelles sociétés d’amis. Une structure est en train de se mettre en place avec des collectionneurs brésiliens, argentins et mexicains. Celle-ci sera bicéphale, en comprenant des membres français intéressés par l’Amérique latine. La formule pourrait aussi être conduite au Moyen-Orient. Pour animer ce réseau de soutiens, une structure transversale devrait être mise en place au sein du musée avec la création de conservateurs « référents ». Mais l’argent privé ne suffira pas à la tâche. Le Centre Pompidou devra sans doute chercher d’autres appuis, auprès du ministère de l’Enseignement supérieur pour la numérisation des archives, mais aussi du côté des Affaires étrangères. Car c’est en explorant en profondeur d’autres pays qu’on pourra les amener à s’intéresser au nôtre, dans un mouvement de balancier. « On ne peut aider la situation des artistes français qu’en étant leader sur le plan de la mondialisation », conclut Catherine Grenier.

Roxana Azimi

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