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Les ventes en France résistent bien

Le Journal des Arts - n° 317 - 22 janvier 2010

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Moins exposée que Londres et New York à la spéculation, la place parisienne a tiré son épingle du jeu en 2009, et limité la casse

 L’année 2009 aura été difficile pour l’ensemble des acteurs des ventes publiques en France. Le chiffre d’affaires cumulé des dix principales sociétés de ventes en France totalise 501 millions d’euros (1), en perte de vitesse de 20,8 % par rapport à 2008. Mais ce recul s’annonce moins important que sur le plan mondial. Sotheby’s, qui n’a pas encore publié ses résultats à l’international, connaît une amputation de 60 % de son chiffre d’affaires en dollars entre le premier semestre 2008 et le premier semestre 2009. Après avoir comptabilisé un produit de ventes de 5,1 milliards de dollars (3,9 milliards d’euros) en 2008, Christie’s International ne s’attend pas à récolter plus de 3 milliards de dollars de produit de ventes pour 2009, soit une diminution de 40 % minimum comparativement à 2008. Tandis qu’à New York et Londres, les auctioneers peinaient à remplir leurs ventes du soir en art moderne et contemporain, la vente de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé se déroulait en février à Paris au Grand Palais, un lieu inhabituel pour une vente aux enchères, mais à la hauteur de l’événement : 342 millions d’euros d’œuvres d’art adjugées sous les marteaux des commissaires-priseurs de Christie’s et de Pierre Bergé & associés (PBA). Ce montant constitue un record du monde pour une collection vendue aux enchères. Cette vente épiphénoménale a fait de Paris le pôle d’attraction du marché de l’art international pour l’année 2009 et a cassé la morosité ambiante.
 
Sans compter cette collection exceptionnelle, Christie’s France a repris à Sotheby’s, en 2009, sa place de leader des enchères en France avec 112,8 d’euros, accusant une baisse de presque 25 %. Sotheby’s lui emboîte le pas avec 98 millions d’euros d’objets vendus en France, affichant une perte plus sévère de 36,8 %. Dans cette conjoncture baissière marquée par un immobilisme des vendeurs, Artcurial a limité les dégâts à 14 % de produit en moins. Pour ses deux coprésidents, Francis Briest et François Tajan, le chiffre atteint de 80,5 millions d’euros correspond à « un exercice “normal”, après quelques années d’euphorie, consacrant la collection comme principal vecteur de séduction et de conviction auprès d’acheteurs de plus en plus sélectifs ». Le caractère pluridisciplinaire de la maison de ventes est parvenu à amortir les conséquences de la crise. Si le département d’art contemporain perd près de 10 millions d’euros de recette entre 2008 et 2009, des gains croissants sont intervenus en mobilier et tableaux anciens. Ce sont d’ailleurs des maisons de ventes au profil classique (art ancien et moderne, peu de contemporain) qui ont su maintenir leur activité : ainsi la SVV Aguttes, entre Paris et Lyon, et les SVV Gros & Delettrez et Beaussant Lefèvre. Cette dernière, qui avait connu une mauvaise année 2008, est revenue l’an dernier à son niveau de 2006-2007, autour des 20 millions d’euros.

Fusion et pérégrinations
Souffrant d’un déficit d’image, deux enseignes pourtant à fort potentiel échappent à cette règle. La maison Tajan, qui a du mal à organiser des ventes rentables et de haut niveau dans nombre de ses spécialités historiques (sauf en bijoux et Art déco), chute de 44 %. Piasa file un mauvais coton depuis son changement d’actionnariat en 2008 et le départ volontaire du commissaire-priseur Pierre-Emmanuel Audap (fondateur de la maison de ventes) en août 2009, qui a précipité un changement de présidence et de direction générale (exit Laurence Calmels et Bernard Cottin fin 2009). Les maisons Millon & associés et Cornette de Saint Cyr, qui avait annoncé leur fusion début 2009, n’ont quant à elles toujours pas concrétisé juridiquement leur projet. Et le fait qu’elles communiquent à nouveau séparément en ce début 2010 ne va pas dans le sens de prochaines épousailles (ce qu’elles ont refusé de commenter). Les deux SVV ont néanmoins travaillé main dans la main l’an passé, pour un chiffre d’affaires consolidé de 50,8 millions d’euros, ce qui leur assure le temps d’un exercice une place enviable de quatrième maison de ventes française.

Autre situation particulière, PBA a tiré profit de son rôle de coorganisateur de la vente Saint Laurent-Bergé pour faire monter sa cote. « Cette vente nous a fait connaître un fort développement à l’international », confirme Frédéric Chambre, coprésident de PBA. La maison frise, pour 2009, les 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec un bond de 53 % par rapport à 2008, suite à des positionnements payants. Avec 13,7 millions d’euros de recette en arts décoratifs du XXe siècle, PBA se hisse par exemple à la première marche dans cette spécialité en Europe. Mais par son activité désormais dominante en Belgique (53,5 % de son chiffre d’affaires), peut-on encore considérer PBA comme une maison française ? Enfin, l’hôtel des ventes Drouot maintient pour 2009 son chiffre de 410 millions d’euros (incluant les ventes de Drouot-Nord et Drouot-Véhicules), mais connaît à présent de graves turbulences (lire page 17).

L’année 2010 ne laisse entrevoir aucune embellie. Mais la situation ne va pas s’empirer pour autant. Une année calme et stable se profile. Pour Guillaume Cerutti, président de Sotheby’s France, « notre objectif est de consolider nos résultats à Paris, voire de faire mieux, tout en restant sélectif ». « 2010 va s’aligner sur 2009. Nous espérons maintenir nos chiffres (sans la collection Saint Laurent-Bergé) », pense François de Ricqlès, tout juste promu président de Christie’s France. Chez PBA, on mise sur « des performances équivalentes, voire supérieures ». Le plus optimiste est encore Claude Aguttes, qui a pour projet de faire « 10 % à 15 % de mieux qu’en 2009, notamment en développant des spécialités comme la Haute Époque, l’argenterie et les tableaux modernes ».

Armelle Malvoisin

(1) Hors vente Saint Laurent-Bergé et ventes belges de Pierre Bergé & associés

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