Des objets au Carré

Une soixantaine de marchands, cinq jours d’expositions

Le Journal des Arts

Le 1 mai 1996 - 499 mots

Véritable sacre du printemps parisien, les Cinq jours de l’objet extraordinaire du Carré Rive Gauche – quartier en amont du Musée d’Orsay comprenant les rues du Bac, de Beaune, de Lille, des Saints-Pères, de l’Université, de Verneuil, et le quai Voltaire – auront lieu du mardi 28 mai au dimanche 2 juin. Selon la formule suivie avec plus ou moins de bonheur depuis l’inauguration de la manifestation, en 1977, les marchands resteront exceptionnellement ouverts de 11 heures à 21 heures. Ils monteront une exposition thématique, ou exposeront un objet extraordinaire, choisi pour sa rareté, sa beauté, ou tout simplement son extravagance.

PARIS - Cette année, un peu plus de soixante galeries, sur la centaine que compte le Carré, participeront aux cinq jours de l’objet extraordinaire, dont le thème est "la Flore dans l’art décoratif". Lesage, la maison parisienne de broderie de haute couture, participera à l’élaboration des décors.

La galerie Myrna Myers, au 11 rue de Beaune, spécialisée dans les arts d’Extrême-Orient, présentera une sélection de carrés de mandarin des dynasties Ming et Qing : des petits tableaux travaillés en soie qui désignaient le rang des officiers de la cour. Gérard Lévy, au 17 rue de Beaune, dans une exposition autour de l’opium, montrera des objets tels qu’un très joli porte-fourneaux de pipe en bois, chinois, du XIXe siècle, decoré de peintures sous verre, ou une aquarelle sur papier de riz, Chine, vers 1830, illustrant la déchéance d’un opiomane.

Un taureau en bronze
Ouverte voici un an au 11 quai Voltaire, la galerie Jacques Ollier mettra en vedette un bureau Mazarin Louis XIV, en marqueterie de bois et d’ivoire. Brimo de Laroussilhe, qui a inauguré à l’automne dernier sa galerie au 7 quai Voltaire, exposera un taureau en bronze – animal souvent représenté dans la sculpture de la Renaissance –, Padoue, vers 1500. Spécialiste de la haute époque, Jacqueline Boccador accrochera dans sa galerie, au 11 quai Voltaire, une tapisserie représentant une scène courtoise sur fond de mille fleurs, tissée dans les ateliers de Tournai vers 1500.

Autre marchand d’objets du Moyen Âge, Gabrielle Laroche, au 12 rue de Beaune, a choisi pour objets extraordinaires une Vierge allaitant (France, XIVe siècle) en bois de noyer, et une surprenante et imposante lampe à huile d’origine syrienne, datant d’entre 400 et 800. En bronze, et haute de 154 cm, la lampe repose sur un pied tripode jonché sur trois bœufs.

Spécialistes de la faïence du sud de la France, Paula Jaquenoud, Nathalie Vallette et Christophe Perles, au 20 rue de Beaune, présenteront un vase Médicis en faïence fine jaspée de la fabrique d’Apt, fin XVIIIe siècle. Dragesco-Cramoisan, experts en porcelaine et verrerie anciennes au 13 rue de Beaune, donneront la vedette à un important pot à sucre en porcelaine tendre de Vincennes, vers 1747-1748, et à une rare plaque de verre, gravée à la roue du portrait du comte d’Artois, le futur roi Charles X, datée de 1817. Vandermeersch, au 27 quai Voltaire, présentera un important ensemble de Vincennes et de Sèvres.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°25 du 1 mai 1996, avec le titre suivant : Des objets au Carré

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