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Le Journal des Arts - n° 312 - 30 octobre 2009
Damant le pion à la foire londonienne Frieze Art Fair, l’édition 2009 de la Foire internationale d’art contemporain (FIAC) à Paris a suscité l’enthousiasme. Courtiers, collectionneurs et marchands ont salué la solidité de la manifestation, étayée par le « Projet moderne » au Grand Palais et une activité commerciale soutenue.
Les bons choix du FNAC
Le Fonds national d’art contemporain (FNAC) a-t-il changé son fusil d’épaule ? On pourrait le croire au vu de la dernière salve d’achats effectués sur la FIAC. Le jury a en effet effectué cette année des choix globalement consistants comme la vidéo Histoire du Silence d’Adel Abdessemed chez Dvir (Tel Aviv), une installation de l’excellente Susan Collis chez Frank Elbaz (Paris) ou encore un film de 1970 de David Lamelas chez Jan Mot (Bruxelles). Reste un regret : seules cinq des vingt-quatre œuvres ont été acquises auprès de galeries étrangères. La puissance publique devrait aussi y mettre du sien pour aider la FIAC à fidéliser les pointures internationales.
Des « off » en manque d’identité
Face à une FIAC de qualité exceptionnelle, les foires off ont fait pâle figure. Certaines doivent entièrement repenser leur identité. C’est le cas de Show Off [organisée du 22 au 25 octobre au port des Champs-Élysées], affaiblie par le départ de deux de ses fondateurs, les Parisiennes Magda Danysz et Les Filles du Calvaire. Accueilli par les ridicules lapins colorés de Cracking Art Group, le visiteur croyait entrer dans un jardin d’enfants. Le niveau très moyen s’est reflété dans un commerce ralenti. « J’ai fait deux fois moins bien que l’an dernier », constatait Hélène Bailly (Paris). La foire aurait tout intérêt à profiter de son emplacement le long de la Seine pour créer une version parisienne de Docks Art Fair avec des expositions monographiques. Une idée d’autant plus appropriée que deux autres fondateurs de Show Off, Patricia et Olivier Houg (Lyon) dirigent le salon lyonnais…
De son côté, Art Élysées [du 22 au 26 octobre sur les Champs-Élysées] gagnerait à se concentrer sur le moderne et les années 1960, plutôt que de persister dans un art contemporain criard, voire grotesque. Car c’est bien sur le terrain classique que ce salon a toute sa raison d’être, avec le stand magnifique des Yeux Fertiles (Paris), dominé par Le Moteur de folie, un Erró de 1959, les merveilleux tableaux et dessins signés Jean Degottex chez Guislain États d’Art (Paris), les Viallat d’Oniris (Rennes) et les petits bijoux réunis par Cyrille de Gunzburg (Paris), comme Balcon au théâtre de Vuillard. À l’inverse de la FIAC, les exposants d’Art Élysées ont plutôt fait leur beurre avec des œuvres à petits prix.
Présageant du meilleur avec une vidéo de Marion Tampon-Lajarriette, découverte du Salon de Montrouge, chez Dix9 (Paris), ou encore l’association réussie de Polaris (Paris) et d’Elaine Levy Project (Bruxelles), Slick [du 23 au 26 octobre au CentQuatre] s’est révélée extrêmement disparate. À l’image des autres foires off, les affaires y furent moins dynamiques que l’an dernier. Quant à la dernière-née, « Cutlog » [du 22 au 25 octobre sous le dôme de la Bourse du commerce], sorte de mini-Slick, il y avait peu de choses à y glaner, si ce n’est la tour fragile composée d’objets trouvés par Jorge Pedro Nuñez chez Crèvecœur (Paris) ou les éditions d’Artfact (Londres, Paris).
Légende photo (haut) : Erik Dietman - 42 vues du mont Angoisse (1986-1989) - Bronze (38 éléments), marbre, dimensions variables - Galerie Claudine Papillon © LudoSane
Légende photo (bas) : Rachel Whiteread - Luhring Augustine Gallery (New York) © LudoSane

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