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Paillat Edith - 1717 mots - Le Journal des Arts n° 36 - 18 avril 1997

Splendeurs du Nigeria

De Nok à Ife, la diversité des sites archéologiques

1717 mots - Le Journal des Arts n° 36 - 18 avril 1997

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De tous les pays d’Afrique, le Nigeria est peut-être, avec le Mali, le seul à offrir une diversité artistique et une richesse archéologique sans précédent sur le continent. Nok, Igbo Ukwu, Ife, Bénin : les royaumes et les cultures qui ont fleuri sur ce vaste territoire sont la preuve que l’Afrique ne se réduit pas uniquement à des sculptures "primitives" sans histoire mais qu’elle peut se prévaloir d’une chronologie cohérente, même si elle s’écrit encore en pointillés.

Contrairement à d’autres régions africaines dont les maillons archéologiques manquent, le Nigeria affiche une succession de cultures originales depuis le Ve jusqu’au XIXe siècle et fait figure de "véritable réussite artistique" , comme le précisait Frank Willett, organisateur en 1984 de la grande exposition "Trésors de l’ancien Nigeria" qui révéla au public parisien les plus belles pièces en bronze et en terre cuite d’Ife et du Bénin. Ancienne colonie britannique bordée à l’ouest par l’ex-Dahomey (le Bénin [...]

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Nigeria : pillages et fouilles clandestines
"Nous avons plus d’informations sur la sculpture ancienne de ce pays que sur toute autre région du continent", déclarait en 1984 Frank Willett, le grand spécialiste de l’archéologie nigériane. Comme l’ont souligné dix ans plus tard ses confrères, lors de l’exposition "Vallées du Niger" (1994), le Nigeria, riche en sites archéologiques à l’instar du Mali, n’est pas à l’abri des convoitises des pilleurs, qui se livrent depuis quelques années à un véritable trafic. Le patrimoine africain, déjà en partie détruit par l’évangélisation, se voit dépouillé de ses chefs-d’œuvre anciens, non seulement au cours de fouilles clandestines mais aussi à l’intérieur même des musées d’Afrique. Des têtes furent ainsi dérobées dans les musées d’Ife et de Lagos, et une dizaine de têtes Nok en terre cuite seraient arrivées sur le marché français en 1992, selon Frank Willett. Pour les archéologues, au-delà du problème du vol, la perte du contexte d’origine et des informations qui en découlent est plus alarmante. Comme pour les autres sites pillés dans le monde, tels Angkor, l’Icom a réagi en publiant récemment un ouvrage sur le pillage en Afrique. La coordination internationale contre le trafic illicite des biens culturels et la sensi­bilisation des autorités locales devraient modérer l’engouement en Europe pour les arts primitifs. De surcroît, l’archéologie africaine n’en est qu’à ses balbutiements. Tout laisse à penser que des découvertes importantes restent à venir...

Bronze et ivoire du Bénin
Les ateliers de bronze et d’ivoire, regroupés dans un même quartier de la cité, travaillaient exclusivement pour le roi, qui détenait le monopole de la production. Le nombre d’œuvres en bronze retrouvées permet de suivre leur évolution stylistique sur près de quatre siècles. Trois périodes principales sont habituellement distinguées. La première (XIVe-XVIe siècles) se caractérise par des têtes d’Oba ou de reine-mère au modelé fin et d’une fonte très soignée. La deuxième période voit l’apparition des plaques en relief (XVIe-XVIIe siècles), qui recouvraient à l’origine les murs et les piliers du palais. Véritables plaques historiées, elles renseignent sur les pratiques en usage à la cour, sur l’organisation sociale (guerriers, dignitaires, musiciens..) et sur des faits historiques (cavaliers, Européens..). Enfin, la période tardive comprend de volumineuses têtes "à col roulé" s’ornant d’ailettes dont la qualité décroît jusqu’au XIXe siècle. Sur ces têtes royales, une cavité était ménagée afin de recevoir des défenses d’éléphants. Elles étaient ensuite présentées sur des autels royaux pour les cultes religieux. À côté de cet art de cour, les artisans ont créé une série d’objets en ivoire (olifants, salières, cuillers... ) destinés aux Européens. Cet art "afro-portugais" ornait les cabinets de curiosités dès le XVIIe siècle : Ferdinand du Tyrol collectionnait des ivoires du Bénin, et Louis XIV possédait dans son cabinet royal des trompes traversières sculptées. En 1897, l’expédition punitive britannique qui pilla la ville emporta des milliers de pièces et révéla à l’Europe entière la splendeur passée de cet ancien royaume africain. À titre de dédommagement de guerre, les sculptures en ivoire ou en bronze furent vendues aux enchères à Londres peu de temps après. La plupart sont visibles aujourd’hui à Berlin et au British Museum.

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