Monet, serial painter

Les séries méditerranéennes exposées à Fort Worth

Le Journal des Arts

Le 4 juillet 1997 - 378 mots

Deux ans après la grande rétrospective de l’Art Institute of Chicago, Monet est déjà de retour sur la scène artistique américaine : le Kimbell Art Museum et le Brooklyn Museum of Art ont conjointement organisé une exposition consacrée aux séries de toiles peintes par l’artiste au bord de la Méditerranée, en France et en Italie.

FORT WORTH. Arrière-petit-fils du peintre et conservateur en chef du Kimbell, Joachim Pissarro tient d’emblée à préciser que les soixante et onze tableaux exposés à Fort Worth "n’ont pas été rassemblés au petit bonheur dans le seul but de monter une exposition lucrative !". Tout au contraire, c’est la première fois que ces toiles exécutées par Monet lors de ses séjours sur la Côte d’Azur, la Riviera italienne et Venise sont réunies dans une optique sérielle, grâce aux prêts d’une cinquantaine de collections privées et publiques internationales. Après un bref voyage en compagnie de Renoir en 1883, qui coïncide avec ses recherches sur les effets de lumière, Monet décide de retourner sur place dès 1884, dans le petit village italien de Bordighera d’abord, au cap Martin ensuite. La luxuriante végétation des environs de Bordighera, qu’il peint avec ses forêts de palmiers et ses nombreuses oliveraies, révèle une profondeur psychologique qui contraste avec l’ingénuité régulièrement associée à sa peinture. Leur clarté, leurs détails préfigurent sans nul doute l’ultime série des Nymphéas. En 1888, Monet s’installe pour trois mois à Antibes. L’immensité de la mer que surplombe l’azur, conjuguée à la silhouette de la cité fortifiée se détachant sur les Alpes, lui inspire alors une série de peintures étincelantes où il déploie toutes les nuances de sa palette. Vingt ans plus tard enfin, à l’automne 1908, Monet découvre Venise. Le palais des Doges, San Giorgio Maggiore, le Grand canal et Santa Maria della Salute… on a beau avoir vu et revu ces visions exceptionnelles, "à presque un siècle de distance, elles n’ont rien perdu de leur pouvoir de fascination", s’étonne encore Joachim Pissarro.

MONET ET LA MÉDITERRANÉE, jusqu’au 7 septembre, Kimbell Art Museum, 333 Camp Bowie Blvd, Fort Worth, tél. 1 817 738 8451, tlj sauf lundi 10h-18h, jeu.-ven. 10h-20h. Du 10 octobre au 4 janvier 1998, Brooklyn Museum of Art, New York. Catalogue par Joachim Pissarro, Rizzoli : 24 US$ broché, 45 US$ relié.

Glasgow : de Constable à Monet
Les McLellan Galleries de Glasgow explorent une nouvelle fois les origines de l’Impressionnisme à travers une exposition volontairement tournée vers le grand public. En complément des cent cinquante toiles présentées, un grand nombre de costumes d’époque, de vidéos pédagogiques et de programmes interactifs évoquent aussi bien les théories de Chevreul que les progrès de la photographie. Des œuvres de Millet, Rousseau, Diaz, Daubigny, Courbet, Degas, Manet, Monet, Pissarro, Sisley et Cézanne sont notamment exposées au sein des six sections chronologiques : la Tradition académique de l’École des beaux-arts de Paris, Barbizon et la forêt de Fontainebleau, Art et science, le Salon, la Vie parisienne et les Paysages de l’Impressionnisme.
NAISSANCE DE L’IMPRESSIONNISME : DE CONSTABLE À MONET, jusqu’au 7 septembre, McLellan Galleries, 270 Sauchiehall Street, Glasgow, tél. 44 141 331 1854, tlj 10h-17h, dimanche 11h-17h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°41 du 4 juillet 1997, avec le titre suivant : Monet, serial painter

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