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Entretien

Alexis Renard, antiquaire spécialisé en art islamique et indien, promoteur de la peinture de miniature contemporaine du Pakistan

« Un marché en pleine effervescence »

Le Journal des Arts - n° 310 - 2 octobre 2009

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D’où vous vient votre passion pour l’art islamique ?
Un historien de l’art m’a fait découvrir le monde musulman et ses productions artistiques alors que j’étais étudiant. J’ai ensuite travaillé dans ce domaine chez un expert parisien. Puis j’ai passé quelques mois en stage chez Christie’s à Londres dans le département d’art islamique. J’ai démarré comme brocanteur aux puces de Vanves avant d’ouvrir ma galerie à Paris en 1999. Je voue une passion particulière aux mondes ottoman et indo-persan du XIVe au XVIIe siècle.

Comment vous êtes-vous ouvert à l’art vivant pakistanais ?
En 2006, j’ai rencontré Mannan Ibrahim, un jeune architecte issu du National College of Arts (NCA) à Lahore, au Pakistan, lequel m’a montré le travail d’artistes peintres miniaturistes pakistanais sortis du NCA. Leurs œuvres m’ont profondément impressionné. Du reste, le travail avec des artistes vivants m’attirait énormément, pour ce qu’il apporte en contacts humains. J’ai organisé une première exposition de groupe dans ma galerie en 2008, en collaboration avec Mannan Ibrahim et Moulin de l’Est, une société culturelle parisienne œuvrant pour la promotion de l’art contemporain pakistanais. J’ai montré à un public enthousiasmé les œuvres d’Isbah Afzal, d’Aisha Abid Hussain, de Nerissa Fernandez et de Rehana Mangi. Ces mêmes artistes ont été exposés la même année pour la première fois au Bradford Museum, en Angleterre.

Quel intérêt le marché porte-t-il à l’art contemporain pakistanais ?
Un marché en pleine effervescence est en train de se structurer autour de l’art contemporain indien et pakistanais. Une photographie du Pakistanais Rashid Rana s’est vendue 325 250 livres sterling [411 250 euros] à Londres chez Sotheby’s le 2 juillet 2008. Une autre photo de l’artiste avait été adjugée 623 400 dollars [402 400 euros] le 15 mai 2008 à New York chez Sotheby’s. Les artistes pakistanais ont une visibilité croissante sur la scène internationale. Ainsi sont-ils montrés actuellement dans de nombreux endroits comme au British Museum à Londres, à l’occasion d’une exposition intitulée « Safavids Revisited » ; à l’Asia Society de New York pour « Hanging Fire », dévoilant une cinquantaine d’œuvres de quinze artistes contemporains pakistanais. Mais aussi à la Biennale de Venise pour la présentation de groupe « East-West Divan », où sont notamment présentés quatre artistes majeurs de l’art de la miniature originaire du Pakistan : Muhammad Imran Qureshi, Nusra Latif Qureshi, Aisha Khalid et Khadim Ali.

Pourquoi vous intéressez-vous tout spécialement à l’art de la miniature ?
J’ai trouvé dans la miniature contemporaine pakistanaise une résonance avec les peintures indiennes anciennes du XVIe au XIXe que je présente en galerie. Contrairement à ce que l’on s’imagine, l’art de la peinture de miniature ne se réduit pas à une question de dimensions. Le terme de miniature vient du mot minium, pigment utilisé pour cette technique héritée de l’Inde moghole qui nécessite un pinceau en poils d’écureuil et un papier (wasli) un peu épais au grain extrêmement fin. Avec Mannan Ibrahim, nous œuvrons à promouvoir la peinture de miniature contemporaine du Pakistan en France par le biais d’une série de d’expositions personnelles démarrée cette année. La première, qui fut consacrée à l’artiste Aisha Abid Hussain en mai, a été un succès. Nous avons mis parallèlement en place en 2009 la bourse d’études « Renard & Ibrahim Award », décernée chaque année à un artiste talentueux formé au département Miniature du NCA de Lahore. Cette année, nous avons remis ce prix à la jeune Mahnoor Hussain.

Quelle est l’artiste que vous allez tout prochainement exposer ?
À partir du 9 octobre, je présente Isbah Afzal, une jeune femme de Lahore dont j’apprécie particulièrement le travail de peintre miniaturiste sur le thème du tissage, activité traditionnellement pratiquée par les femmes au Pakistan, et de longue date par celles de sa famille, alors que l’art de la peinture de miniature est historiquement réservé aux hommes. Les prix vont de 1 200 à 4 000 euros.

Armelle Malvoisin

« Isbah Afal, miniatures contemporaines du Pakistan », exposition du 9 au 24 octobre, galerie Alexis Renard, 5, rue des Deux-Ponts, 75004 Paris, tél. 01 44 07 33 02, 75008 Paris, www.alexisrenard.com

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Alexis Renard © D.R.

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