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Profession

Commissaire-priseur chargé des inventaires

Le Journal des Arts - n° 306 - 26 juin 2009

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Ce professionnel détient un rôle clef au sein des maisons de ventes, où prime désormais l’hyperspécialisation des collaborateurs.

« Nous sommes le premier œil. » Telle est la définition que Me Stéphane Aubert, responsable du département des inventaires chez Artcurial, donne de sa spécialité. Depuis la réforme des ventes volontaires, qui a mis fin au monopole des commissaires-priseurs et organisé les sociétés de ventes volontaires (SVV), toutes les grandes maisons de vente installées en France ont créé un département dédié aux inventaires, sur le modèle anglo-saxon. « C’est une spécialité qui n’en est pas une », souligne pourtant Me Pierre Mothes, responsable du département chez Christie’s. « L’inventaire est l’essence du métier de commissaire-priseur, confirme Stéphane Aubert. La première étape avant le processus qui mène à l’expertise, à l’estimation puis à la vente. » Si tous les commissaires-priseurs sont en effet amenés à remplir ce rôle, le responsable des inventaires assume un rôle déterminant dans des SVV où prime l’hyperspécialisation des collaborateurs. De fait, ces commissaires-priseurs habilités, c’est-à-dire ayant le droit de « tenir le marteau » lors d’une vente, sont restés les seuls généralistes dans les grandes maisons qui emploient de nombreux experts. Leur travail en amont des ventes confère à leur département un rôle transversal qui permet d’irriguer les départements spécialisés. « Pour un collectionneur, nous sommes souvent son premier contact avec la maison de vente », explique Pierre Mothes. L’inventaire peut avoir lieu dans des circonstances diverses : avant une vente, un partage, en préalable à une dation mais aussi afin d’établir ou d’actualiser les valeurs d’assurance d’une collection. En revanche, si l’inventaire a lieu dans le cadre d’une succession, il demeure du ressort des commissaires-priseurs judiciaires, détenteurs d’un reliquat de monopole sur ces inventaires notariés – au même titre que les autres officiers ministériels, notaires et huissiers de justice. Si certaines maisons ont racheté une charge de commissaire-priseur judiciaire pour pouvoir couvrir tout le champ de l’inventaire, certaines SVV sont, de fait, exclues de ce secteur.

Sentir ce qui a de la valeur
En pratique, le métier, qui pourrait sembler austère, offre la garantie de nombreuses rencontres sur le plan humain. Pour établir un inventaire qui comprendra un état descriptif détaillé, les commissaires-priseurs se déplacent en effet chez les collectionneurs, jouent un rôle de défricheurs. Ils y repèrent les œuvres intéressantes et font intervenir, au besoin, les spécialistes de la maison de ventes. « Il faut sentir ce qui a de la valeur, explique Stéphane Aubert. Trouver un dessin de Michel-Ange dans un grenier a toujours été un mythe dans le métier. Cela ne se produit pas tous les jours, mais il nous arrive encore de faire de vraies découvertes. » Ou de briser certaines illusions sur la valeur de biens transmis de génération en génération... « En France, l’inventaire joue un rôle clef car la structure des collections est souvent très éclectique », souligne Pierre Mothes. Dans ce contexte, le département, qui permet de se rapprocher de vendeurs potentiels, joue un rôle stratégique et sert de levier de développement. « Le département permet d’agir sur le long terme », poursuit Pierre Mothes. Chez Christie’s, où l’on ne traite que de collections de haut niveau, l’inventaire, « qui permet d’avoir une photographie de son patrimoine », fait partie des nombreux services sur mesure proposés aux clients. Certains collectionneurs spécialisés exigent ainsi sa mise à jour régulière, en fonction des fluctuations du marché. Chez Artcurial, près des deux tiers des inventaires se concluent par une vente. Celle-ci est parfois dirigée par le commissaire-priseur qui en a assuré l’inventaire. Une manière de boucler la boucle. Et de ne pas s’écarter des fondamentaux du métier, y compris dans les multinationales de la vente publique.

Sophie Flouquet

© D.R.

Formation

- La formation est celle des commissaires-priseurs habilités, c’est-à-dire autorisés à « tenir le marteau » pendant les ventes. Pour devenir commissaire-priseur, il faut être titulaire d’un double diplôme. L’un en droit, l’autre en histoire de l’art. L’un des diplômes doit être de niveau bac 2 et l’autre bac 3. Il faut ensuite réussir un examen. Une fois admis, un stage de vingt-quatre mois et trois cents heures de formation théorique permettent d’obtenir un « certificat de bon accomplissement de stage », synonyme d’habilitation à diriger les ventes. Les clercs et salariés d’une société de vente volontaire pendant sept ans au cours des dix dernières années peuvent également se présenter à un examen qui leur permet d’obtenir une habilitation. Enfin, la profession est désormais ouverte aux ressortissants de l’Union européenne, à diplômes équivalents.

- Les commissaires-priseurs judiciaires sont désignés sur décision du garde des Sceaux, après obtention d’un examen complémentaire d’aptitude judiciaire.

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