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Accueil > Le Journal des Arts > Archives > Design : un retour aux sources - Le Journal des Arts - n° 63 - 19 juin 1998

de Bure Gilles - 3328 mots - Le Journal des Arts n° 63 - 19 juin 1998

Design : un retour aux sources

3328 mots - Le Journal des Arts n° 63 - 19 juin 1998

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Signe des temps, miroir de l’époque, le design s’inscrit dans le mouvement perpétuel de la civilisation. Il est dans tous les cas une avancée, spectaculaire ou pas, révolutionnaire parfois, toujours annonciatrice d’autres percées. Changer le monde, ou du moins la face du monde, telle est l’irrésistible ambition du designer. C’est ainsi que, depuis 150 ans, s’adaptant au mouvement du monde et aux variations du sens, le design formalise ce qui change, ce qui bouge, ce qui évolue, ce qui avance.

Le mot “design” est aujourd’hui si bien passé dans le vocabulaire courant qu’on en arrive à oublier qu’il y a vingt ans à peine, il faisait encore figure d’intrus en France. “Si d’aucuns considèrent que “design” vient du français “dessigner” ou “desseigner” qui, jadis, signifiait à la fois montrer, indiquer, dessiner, c’est néanmoins la référence à un usage anglo-saxon qu’il s’est imposé en France au cours des [...]

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Modernes for ever

Coup sur coup adviennent, en 1923, deux événements annonciateurs et même fondateurs d’une modernité qui ne trouvera sa place que dans les années trente. Un film d’abord, L’Inhumaine, mis en scène par Marcel L’Herbier et au générique duquel se retrouvent les noms d’artistes, d’architectes, de designers, de créateurs jusqu’alors inconnus, mais qui allaient tous passer à la postérité : Mallet-Stevens, Léger, Cavalcanti, Chareau, Lalique, Jean Luce, Puiforcat, Paul Poiret… Une villa ensuite, celle du vicomte et de la vicomtesse de Noailles, édifiée par Rob Mallet-Stevens (préféré à Mies Van Der Rohe et Le Corbusier), à Hyères, transcendée par un jardin étonnant de Gabriel Gueverkian. Deux coups de tonnerre qui illustrent bien les trois mots clés qui furent ceux de l’aventure éphémère du mouvement moderne : fracture, rupture, futur. Pour ces modernes acharnés, le style Art déco n’était qu’une succession d’�?étonnantes festonnades et rinceaunades�?, il convenait de “s’affirmer résolument contre l’ornement�?, de pratiquer un “art véritablement social�? et, enfin, de démontrer que “le progrès de l’art sera fonction de son adaptation aux techniques industrielles�?. Absents de l’Expo Art déco de 1925, refusés au Salon des Artistes Décoratifs, une compagnie de jeunes gens en colère – Mallet-Stevens, Le Corbusier, Jeanneret, Charlotte Perriand, Pingusson, Herbst, Jourdain, Sognot, Puiforcat, Sandoz, Fernand Léger, Carlu, Cassandre, Colin, Sonia Delaunay… – fondent, toutes disciplines mêlées (architecture, art, affichisme, mobilier, objets, mode, reliure, bijoux…), l’Union des Artistes Modernes en 1929. Pour eux, les symboles de la modernité sont les grands paquebots, les automobiles, les avions, le jazz, les Ballets russes et les Ballets suédois… En 1928, Le Corbusier construit la Villa Savoye, la plus belle de ses “maisons blanches�? ; à Turin, Gio Ponti publie le premier numéro de la revue Domus. L’avenir semble radieux. Mais le krach de 1929 et la montée des tensions ne font rien pour la modernité, bien au contraire. Et bien que Charlie Chaplin tourne en 1936 Les Temps modernes, l’orage gronde, et l’Exposition universelle de 1937 à Paris en témoigne : face à face, les pavillons de l’Allemagne nazie et de l’Union soviétique rivalisent de grandiloquence et de masse, affirment le règne des totalitarismes, annoncent le retour à l’ordre et à l’obscurantisme. Pour les modernes, la cause est entendue. Le conflit planétaire qui s’avance sonne le glas de la lumière et annonce la plongée dans les ténèbres.

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