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Investigation

Les mystères du Docteur K

Le Journal des Arts - n° 292 - 28 novembre 2008

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Sept personnes ont été mises en examen dans la troublante affaire de la collection du Docteur K vendue par le Crédit Municipal.

PARIS - Les mystères de la «  collection d’archéologie du Docteur K  », soulevés par le Journal des Arts en janvier  2005 (lire le JdA n°206, 7  janvier 2005), ont donné lieu à une enquête conjointe de l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) et de l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC). L’investigation a depuis pointé une cascade de fraudes, entre blanchiment, escroquerie et recel. Le 21  novembre, Libération a annoncé la mise en examen en juin dernier de sept personnes, dont l’antiquaire Michel Cohen et l’expert de la vente, Chakib Slitine (lire p.  28). Petite piqûre de rappel. Le Crédit Municipal propose le 16  décembre 2004 vingt-quatre  lots provenant soi-disant de la collection du Docteur K. Vendu par un médecin niçois nommé Marc Keucker, l’ensemble récolte 2,1  millions d’euros mais soulève les interrogations des marchands et des musées. Première surprise, l’engagement des objets a été réalisé à des dates différentes, le premier remontant à 2003. En février  2004, le vendeur achète même auprès du négoce parisien une statue acéphale en marbre qu’il rajoute à la vente. L’authenticité et la provenance de certaines pièces sont alors remises en question par plusieurs professionnels.

Copie d’après l’antique
Aujourd’hui, Marc Keucker figure au premier rang des sept personnes incriminées par le parquet. D’après Libération, ce médecin aurait été entraîné par un associé, Karim Aïachi, à financer des investissements dans l’immobilier en déposant au Crédit Municipal des pièces provenant de Michel Cohen. «  J’ai mis seulement trois objets égyptiens sur les vingt-quatre lots de cette vente. Ils avaient une collection qui était une pure fiction  ; ils l’avaient trouvée trop courte et m’ont demandé de rajouter ces pièces  », nous a indiqué Michel Cohen. L’enquête a aussi révélé des liens entre l’antiquaire parisien et les frères Damiano et Girolamo Loglisci, des fournisseurs soupçonnés d’introduire des biens pillés en Italie.
Cette affaire à tiroirs connaît aussi un autre volet, celui de la contrefaçon. L’acheteur d’un bronze représentant un Satyre portant Bacchus, expertisé par Chakib Slitine comme d’époque hellénistique (Ier  siècle avant J.-C.) et adjugé pour 1,8  million d’euros, a, en effet, attaqué la vente. Le rapport d’expertise judiciaire rédigé par Gilles Perrault, directeur d’un laboratoire indépendant d’analyse scientifique, et par le conservateur du Musée du Louvre Alain Pasquier réfute l’authenticité de l’objet. «  Le bronze n’est authentique ni techniquement, ni stylistiquement, nous a confié une source proche de l’affaire. Il s’agit d’une copie réalisée d’après la dernière version d’un marbre conservé dans la collection Farnèse au Musée de Naples. Techniquement, la pièce ne présente aucune des caractéristiques des bronzes antiques ou romains. Nous sommes tombés sur un alliage en laiton qui ne peut exister dans une pièce de cette dimension dans la période hellénistique. Lorsque la pièce a été scannée, on s’est aperçu que le montage ne pouvait dater de cette époque. En revanche, la qualité de la patine était troublante et faisait parfaitement illusion. Si cette pièce n’avait pas été la copie stricte du Faune qui se trouve dans la collection Farnèse, personne n’aurait tiqué.  » Contacté à plusieurs reprises, Chakib Slitine n’a pas souhaité nous répondre.

Roxana Azimi

'Satyre portant Bacchus' *

(*) Légende photo : 'Satyre portant Bacchus' (détail), bronze, adjugé 1,8 million d'euros lors de la vente organisée le 16 décembre 2004 par le Crédit municipal de Paris. © D.R.

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