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Révélation

Damien Hirst fait son come-back à Paris

L’artiste britannique, qui a fait sensation chez Sotheby’s, exposera en avril 2010 chez Emmanuel Perrotin, son tout premier galeriste.

Le Journal des Arts - n° 289 - 17 octobre 2008

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S’il s’est passé de ses galeries lors de la vente de ses œuvres chez Sotheby’s à Londres les 15 et 16 septembre, l’artiste britannique Damien Hirst a choisi Emmanuel Perrotin pour organiser sa prochaine exposition. Prévu en 2010, ce projet survient près de vingt ans après leur première rencontre. Le tout jeune galeriste parisien avait alors consacré une exposition personnelle à l’artiste encore peu connu.

PARIS - À l’annonce de la vente Damien Hirst chez Sotheby’s en septembre dernier (1), le landernau de l’art avait poussé des cris d’orfraie. Pour la première fois, un artiste vivant produisait des œuvres pour les mettre directement aux enchères. Un vrai bras d’honneur à ses puissants marchands, l’Américain Larry Gagosian et le Britannique Jay Joplin. Cette vente signait-elle la fin des galeries ? N’allons pas trop vite en besogne. Car même si l’artiste a ouvert un magasin de produits dérivés baptisé « Other Criteria » à Londres, juste à côté de Sotheby’s, il n’a pas pour autant fait une croix sur les intermédiaires. Il organisera sa prochaine exposition en avril 2010 chez… Emmanuel Perrotin à Paris ! Un étonnant retour vers le premier galeriste qui l’avait présenté en solo show en 1991. Le seul marchand aussi à n’avoir jamais fait de profit avec lui ! « Tout le monde a écrit qu’il voulait tuer le père. Il y a une différence entre montrer une certaine indépendance, faire ce que tout le monde lui déconseille, et tourner le dos à ses marchands », observe Emmanuel Perrotin. Et d’ajouter : « S’il n’avait pas une grande indépendance d’esprit, je n’aurais jamais pu imaginer refaire une exposition avec lui. » Pour le marché anglo-saxon, qu’un des artistes les plus chers au monde expose chez un Frenchie, c’est presque aussi indécent qu’une vente publique !
Emmanuel Perrotin rencontre Damien Hirst en 1990, alors que celui-ci venait de créer une petite association d’artistes. Il leur donne carte blanche et les expose dans sa galerie-appartement, rue Beaubourg (Paris-3e). Il montre alors un Spot Painting de Hirst pour 1 000 dollars et un cabinet rempli de médicaments, lequel  fut acheté par le collectionneur français Gilles Fuchs. L’année suivante, le galeriste français lui accorde un one-man show intitulé « When Logics Die ». Jay Joplin (Londres), qui ne manquait pas de flair, finance l’exposition composée notamment de tables d’autopsie accompagnés de photographies de suicidés. Mais l’entrée en lice simultanée de White Cube (Londres) et de Charles Saatchi (Londres) met un terme à tout espoir de prolonger la rencontre. Perrotin, qui n’avait pas partagé les années de vaches maigres avec Hirst comme il l’a fait par la suite avec Maurizio Cattelan ou Takashi Murakami, ne pouvait tenir tête au rouleau compresseur britannique. De l’eau a, depuis, coulé sous les ponts. Les deux hommes se revoient l’an dernier à la Fondation Victor Pinchuk (Kiev, Ukraine), et l’artiste propose tout de go au galeriste de réaliser pour lui une nouvelle exposition. Ce qui pouvait passer pour une blague de fin de soirée se concrétise en décembre 2007. « J’ai toujours dit depuis le début que j’ai eu plus de chance d’avoir fait une exposition avec Hirst qu’il n’en avait eu d’en faire une avec moi. Mais j’avais été le seul à le présenter alors qu’il n’y avait pas d’enjeu économique, explique Perrotin. J’ai fait entre-temps un vrai parcours, je ne l’ai jamais dérangé personnellement, [je n’ai] jamais maintenu son nom dans les catalogues de foire en faisant semblant d’entretenir une fausse relation. » Une discrétion qui paye aujourd’hui

Roxana Azimi

Damien Hirst
© D.R

(1) Lire le JdA no 288, 3 octobre 2008, p. 27.

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