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Palmarès des musées 2008 : Roubaix, Rouen, Quai Branly en vedette

Le Journal des Arts - n° 283 - 6 juin 2008

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Le Louvre, Orsay, le Centre Pompidou, Guimet et les Arts décoratifs : peu de surprises pour la tête de ce cinquième palmarès des musées où les cinq premiers du classement général sont les mêmes grandes institutions parisiennes que l’année dernière.

Parmi celles-ci parviennent à s’immiscer des établissements de moindre envergure comme la Piscine à Roubaix qui passe de la 10e à la 5e place, devenant ainsi le premier musée en région. Un succès qui s’explique par une politique des plus dynamiques en matière d’expositions et de recherche de partenaires (lire le classement « Dynamisme », p. 16). Il est talonné par le Musée des beaux-arts de Rouen, qui pratique un tarif d’entrée parmi les moins chers (3 euros), et occupe la 7e place, ex aequo avec le Musée du quai Branly, à Paris. Ce dernier se hisse de la 12e à la 7e position, une nette progression malgré son mutisme sur l’aspect locations privées et recettes commerciales. Le Palais des beaux-arts de Lille perd 3 points, mais reste bien classé, à la 9e place, et donc à la 3e des musées en régions. Il est suivi par le Musée de la musique, à Paris, qui gagne 4 places. La politique d’ouverture à la création contemporaine et à la musique populaire initiée par son nouveau directeur Éric de Visscher (arrivé à l’été 2006) a semble-t-il porté ses fruits. Suivent : le Musée des beaux-arts de Nancy, les Abattoirs à Toulouse, le Musée de Picardie à Amiens, le Musée des beaux-arts de Lyon et le Musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon.

La gratuité en question
Contre toute attente, en ces temps d’inquiétude dans le monde des musées, les statistiques fournies par ce classement général attestent une année globalement positive. La fréquentation des établissements sondés – 373 au total, animés par seulement 550 conservateurs aidés de 452 attachés de conservation – frôle les 40 millions de visiteurs, contre 37 millions l’an passé. Les touristes représentent toujours plus de la moitié des visiteurs (58 %), tandis que la proportion des scolaires stagne à 11 %. La surprise vient du nombre d’entrées gratuites, qui diminuent fortement, passant de 40 % à 34 %. Cette donnée changera peut-être dans notre prochain palmarès puisque celui-ci prendra en compte l’expérimentation de la gratuité totale lancée par le ministère de la Culture sur un échantillon de musées nationaux, de janvier à juin 2008. Gratuité n’est pas nécessairement synonyme de hausse de fréquentation. En témoignent les musées de la Ville de Paris, dont les collections permanentes sont librement accessibles depuis 2001, mesure qui semble connaître un certain essoufflement. Le Petit Palais voit ainsi son nombre d’entrées chuter de 28 % – donnée à relativiser puisque 2006 a été l’année de sa réouverture –, tandis que le Musée d’art moderne de la Ville de Paris accuse une baisse de 44 %. Le ministère de la Culture rendra ses conclusions sur le sujet à la fin de l’été, en sachant déjà que Christine Albanel n’a jamais caché sa préférence pour une gratuité ciblée, sur le modèle d’une pratique déjà établie dans de nombreux musées.

Budgets d’expos en hausse
Phénomène intéressant à noter cette année, l’inflation du nombre des expositions organisées (1 142 en 2007 contre 1 076 en 2006, soit 9 % d’augmentation) et surtout l’explosion de leurs budgets. Pour 2007, les dépenses s’élèvent à 53,4 millions d’euros contre 38,7 millions d’euros en 2006, soit une augmentation de 38 % à périmètre constant. Parmi les principaux facteurs de cette hausse, les valeurs d’assurance sont de plus en plus élevées, tout comme les coûts de scénographie. Ces budgets paraissent pourtant bien faibles en comparaison de ceux des superproductions cinématographiques françaises : 78 millions d’euros à titre d’exemple pour le dernier Astérix. Ce chiffre confirme néanmoins le dynamisme des musées français en matière d’expositions temporaires, puisqu’ils sont aussi prompts à prêter leurs œuvres (92 629 œuvres prêtées en 2007) qu’à en recevoir (52 741 empruntées). Le différentiel entre ces deux dernières données s’explique par les mouvements vers l’étranger, lesquels se sont intensifiés au cours de ces dernières années. Et ne risquent pas de décroître avec le développement des exportations des collections françaises à l’étranger, moyennant parfois de juteux contrats. Les recettes commerciales ont d’ailleurs augmenté de 25 %, atteignant 242 millions d’euros sur le même périmètre. Elles sont notamment dopées par l’importance des événements privés – organisés surtout dans les grands établissements parisiens – , au nombre de 2 212 en 2007. Les musées restent cependant toujours aussi peu diserts sur la réalité de leurs activités commerciales ; plusieurs d’entre eux ont refusé de répondre à cette question. Pourtant l’importance des ressources propres des musées est aujourd’hui une condition sine qua non de leur bon fonctionnement.

Daphné Bétard & Sophie Flouquet

Musée du quai Branly
© MQB

Méthodologie

Cette enquête a été réalisée de mars à avril 2008, via un questionnaire adressé à 968 musées (de beaux-arts, d’archéologie, d’ethnographie, d’histoire nationale). Parmi ces institutions, 370 non fermées ont répondu (contre 366 l’année dernière et 296 en 2006).
Le croisement des réponses a permis de réaliser trois sous-classements au palmarès général : « Accueil des publics » ; « Dynamisme » et « Conservation ».
Les informations non communiquées n’ont pu être prises en compte et affectent la notation globale. En outre, une vingtaine de musées n’ont pu ou voulu répondre au questionnaire et se trouvent par conséquent absents du palmarès. Ainsi de l’Institut du monde arabe, des musées de la marine, Cernuschi, Gustave-Moreau, Dapper et Picasso à Paris, du Musée des Années 30 à Boulogne-Billancourt, du Musée Condé à Chantilly, du Musée Fabre à Montpellier, du Musée des beaux-arts de Rennes, du Musée des Sables-d’Olonne ou du Musée Chagall à Nice.
D’autres, au contraire, y participent pour la première fois. C’est le cas du Musée des beaux-arts de Quimper, du Carré d’art à Nîmes, du CAPC-Musée d’art contemporain à Bordeaux, des musées de l’Orangerie et Maillol à Paris. Les résultats reposent sur 69 critères d’évaluation, auxquels a été attribué un coefficient allant de 1 à 3. Les réponses oui/non sont notées de 5 à 15 points selon leur importance. Les questions quantitatives sont notées de 1 à 15, selon la méthode des quintiles, ce qui permet de rééquilibrer le rapport entre grandes et petites structures.

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