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RGPP

Le Palais de la découverte convoité

Toujours dans l’attente de travaux de restauration, le Palais de la découverte doit être rattaché à la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette

Le Journal des Arts - n° 281 - 9 mai 2008

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Dans l’attente de travaux de rénovation depuis vingt ans, le Palais de la découverte, à Paris, doit être rattaché à la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette, dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques. Déjà amputée d’une partie de ses locaux par le Grand Palais – propriétaire des lieux –, tiraillée entre ses tutelles, l’institution qui vient de fêter ses 70 ans, reste très fréquentée par le public.

PARIS - Dans le cadre de la RGPP (Révision générale des politiques publiques), le destin du Palais de la découverte à Paris doit bientôt être lié à celui de la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette. Lors du premier Conseil de modernisation des politiques publiques, le 12 décembre 2007, il avait été annoncé que les deux institutions devaient être « regroupées », et ce, afin « de créer un opérateur de référence en matière de culture scientifique et technique, présent sur les deux sites ». Considérés parfois comme rivaux, les deux établissements sont surtout complémentaires. Installé au cœur de la capitale, au sein du prestigieux bâtiment du Grand Palais, le Palais de la découverte, lié au monde de la recherche scientifique, attire, malgré de graves problèmes de vétusté et une rénovation qui tarde à venir, quelque 630 000 visiteurs annuels grâce à ses programmes de qualité, basés sur l’expérimentation et une médiation humaine. Depuis 2006, il est sous la double tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, qui en assure la gestion, et celui de la Culture, qui lui alloue ses budgets, tandis que c’est l’Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) du Grand Palais qui est propriétaire de ses locaux. Énorme machine institutionnelle aux portes de Paris, dépourvue de collections, la Cité des sciences et de l’industrie organise une douzaine d’expositions par an – citons les récentes « Zizi sexuel », « Crad expo » ou « Star Wars » – pour familiariser le plus grand nombre aux évolutions des sciences et techniques. Elle accueille plus de 3 millions de visiteurs par an. L’idée de réunir les deux établissements, plus exactement d’intégrer le Palais de la découverte au site de la Villette, avait déjà été avancée lors de la création de la Cité des sciences en 1985. Le ministère de la Recherche avait alors opposé un veto catégorique. Aujourd’hui, les propositions sont plus nuancées, et, Rue de Valois, on parle bien désormais de « fusion des deux entités » en une même structure, tout en respectant leurs identités propres. Suite au deuxième conseil de modernisation des politiques publiques, par un courrier en date du 4 avril, les responsables des deux établissements ont été missionnés pour en élaborer un « avant-projet ». Aidés d’un groupe de travail, mais aussi de l’EPIC du Grand Palais et de la Réunion des musées nationaux (RMN) (qui gère les Galeries nationales du Grand Palais), ils doivent rendre leur copie avant la fin mai, et ce, en vue de la création du nouvel établissement en 2009. La délicate question de son statut devra alors avoir été réglée, car les deux institutions n’ont pas le même mode de fonctionnement.

Mission de service public
Le Palais de la découverte est un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPCSCP) – ce qui correspond à celui d’un établissement d’enseignement supérieur –, avec une mission de service public. La Cité des sciences, elle, est un EPIC soumis à une logique de rentabilité. Dès lors, comment lier les deux institutions sans que l’une d’entre elles ne soit lésée ? À l’heure où l’État prône la restriction budgétaire, les personnels du Palais de la découverte (des fonctionnaires pour la majorité) peuvent s’inquiéter de leur avenir. De leur côté, les membres du Conseil scientifique du Palais de la découverte ont exprimé, en janvier, leur opposition à cette fusion qui selon eux « ne ferait faire aucune économie à l’État, et occasionnerait des lourdeurs administratives supplémentaires », précisant que les deux établissements étaient déjà regroupés dans le même programme de la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances du 1er août 2001). Ils souhaitent que « les fonds promis depuis de si longues années pour la rénovation des salles du Palais de la découverte soient enfin attribués par l’État ». Depuis près de 20 ans, le Palais de la découverte attend son heure. Contre l’avis de la Préfecture de Paris, le bâtiment, hors normes, est ouvert sous la seule responsabilité de son directeur, Jack Guichard, depuis 2001. Un rapport accablant sur le sujet a été rendu l’été dernier par Philippe Adnot, sénateur de l’Aube, membre de la commission des finances du Sénat. Il définissait le Palais de la découverte comme « un condensé de dysfonctionnement administratif et politique » et fustigeait « le désengagement des tutelles » : le ministère de la Culture qui « n’a pas toujours rempli ses obligations de propriétaire » et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche qui « a montré peu d’intérêt pour le Palais de la découverte, que ce soit dans sa gestion ou dans l’utilisation de celui-ci comme instrument de culture scientifique ». Il recommandait la rénovation immédiate du Palais de la découverte, estimée à 80 millions d’euros et soulignait que « la localisation du Palais de la découverte au sein du Grand Palais est aujourd’hui acquise ». Un avis qui ne fait pas forcément l’unanimité. Géré par un EPIC depuis 2007, le Grand Palais, qui cherche à gagner des espaces, est en train de régler les questions longtemps restées en suspens autour de l’occupation d’une partie de ses espaces par le Palais de la découverte. Il vient d’ailleurs de récupérer le Salon d’Honneur du Palais de la découverte, vaste espace de plus de 15 m de hauteur, qui était consacré au nucléaire, à la chimie et à la mécanique. Et ce, en contrepartie d’une série de bureaux, d’une superficie équivalente, mais dont les volumes n’ont rien à voir puisqu’il s’agit de salles en enfilade de 2,80 m de hauteur sous plafond. Un échange peu avantageux pour le Palais de la découverte donc, d’autant plus qu’il lui sera très difficile, voire impossible de financer le réaménagement de ces salles, à l’heure où le ministère de la Culture n’a toujours pas voté ses budgets. Dépourvu d’une partie de ses espaces d’exposition, le Palais de la découverte verra inévitablement ses chiffres de fréquentation chuter. Ce qui le mettrait dans une position de faiblesse. Accaparée de son côté par un vaste projet « Villette Perspective » lancé en 2005 pour une ouverture en 2010 – il s’agit d’aménager la 4e travée du bâtiment principal pour y installer des « commerces et loisirs culturels » –, la puissante Cité de la science et de l’industrie aura-t-elle à cœur de respecter l’intégrité des programmes du Palais de la découverte si les établissements étaient amenés à cohabiter ? On peut, en outre, s’interroger sur la pertinence de rapprocher deux lieux totalement différents dans leurs missions premières et leurs approches scientifiques.

Daphné Bétard

Palais de la découverte
© D.R.

Palais de la découverte
- Statut : EPSCP (établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel)
- Année de création : 1937
- Surface : 21 500 m2 (dont 1 500 m2 fermé au public)
- Nombre de visiteurs (2006) : 625 000
- Personnels (2006) : 156 fonctionnaires et 61 contractuels/vacataires
- Budget : 19 millions d’euros
- Subventions : 14,8 millions

Cité des sciences et de l’industrie

- Statut : EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial)
- Année de création : 1986
- Surface : 75 000 m2 10 000 m2 médiathèque
- Nombre de visiteurs (2006) : 3,1 millions
- Personnels (2006) : 979 salariés
- Budget : 104 millions d’euros de fonctionnement et 13 millions d’investissement
- Subventions : 88,5 millions

Sources : rapport d’information n°354 du Sénat, rapport d’activité 2005 et 2006 des deux établissements

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