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L’Armory Show a résisté à la crise

Le Journal des Arts - n° 279 - 11 avril 2008

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La foire a échappé à la crise, mais New York a perdu de sa superbe sur le plan artistique. Disons-le une fois pour toutes : New York n’est plus LE centre névralgique du monde de l’art. Jusqu’à présent, la ville pouvait faire illusion grâce au poids du marché et de ses locomotives aux espaces pharaoniques.

NEW YORK - Difficile pourtant de continuer à se voiler la face devant les expositions en galeries souvent indigentes (lire l’encadré) ou du fourbi de la Biennale du Whitney (lire p. 11). L’Amérique est un colosse aux pieds d’argile, en manque patent de souffle artistique. Celui-ci vacille aussi sur le plan économique avec les scandales financiers à répétition, dont le dernier en date est la perte de liquidités de la banque Bear Stearns. Cette conjonction a laissé planer une certaine incertitude sur l’Armory Show, organisée du 27 au 30 mars. L’inquiétude a naturellement conduit les exposants à remiser la branchitude pour privilégier les valeurs sûres ou les revivals. Les artistes femmes conceptuelles sont montées en puissance avec un bel ensemble rétrospectif de Susan Hiller chez Timothy Taylor (Londres), un solo show d’Eleanor Antin chez Ronald Feldman (New York) ou encore la monographie de Jenny Holzer chez Cheim & Read (New York).
Jouant leurs va-tout, les galeries retenaient leur souffle aux premières heures du vernissage. « Les gens étaient nerveux et anxieux, car il n’y avait pas beaucoup de monde, mais vers 15 heures, c’est devenu actif et cela s’est accéléré le week-end. J’ai même fait une meilleure foire que l’an dernier », confiait le galeriste new-yorkais Zach Feuer. L’ambiance ne fut toutefois guère frénétique et les affaires comme toujours inégales, selon les marchands. Certains ont très bien tiré leur épingle du jeu. Victoria Miro (Londres) a vendu deux toiles de Varda Caivano au conseiller hollandais Paul Van Esch, tandis que David Zwirner (New York) s’est délesté dès le premier jour de ses pièces phares, notamment une sculpture de Jason Rhoades achetée par l’Allemand Friedrich Christian Flick (lire p. 7). De son côté, Art : Concept (Paris) a joué gagnant avec les œuvres d’Adam McEwan, acquises aussi bien par Don et Mera Rubell que par la conseillère Patricia Marshall pour la Collection Jumex à Mexico. Kamel Mennour (Paris), dont le stand respirait l’élégance racée, a lui aussi fait florès en vendant cinq portes en plomb de Claude Lévêque heurtées de coup de poing rageurs. Après avoir séduit tout New York avec leur collection aussi personnelle que sincère de dessins exposés dans les services culturels de l’ambassade de France, les Guerlain sont repartis avec de nouveaux coups de cœur, notamment des dessins de Nedko Solakov chez Arndt & Partner (Berlin). Sur l’édition 2008 de la foire off VOLTAshow, dédiée aux expositions personnelles, l’humeur variait selon les participants, certains affichant un sourire radieux à l’instar de Baumet-Sultana (Paris). Elaine Levy (Bruxelles) a fait mouche en vendant deux pièces de Jota Castro respectivement au MAXXI (Rome) et au 21c Museum (Louisville, Kentucky). Le musée américain a aussi emporté chez Loevenbruck (Paris) la grande bouée baptisée Halo Lounge de Werner Reiterer. On l’a compris, New York a résisté au spectre de la récession. Mais la gloriole n’est plus d’actualité.

Roxana Azimi

Marcel Dzama (2008)
'Even the Ghost of the past'
© D.R.

Chelsea, une moisson décevante

Dans un quartier alignant les galeries les plus puissantes du monde, le visiteur s’attend légitimement à un feu d’artifice. L’heure est toutefois plus au tape-à-l’œil et au syndrome de la baudruche, en adéquation avec la démesure des espaces. La formule sied à l’exposition boursouflée de mégalomanie de Piotr Uklanski chez Gagosian. Gigantisme aussi chez Mary Boone avec le Chinois Ai Weiwei, dont un lustre, intitulé Travelling Light, a été acheté par la collectionneuse Francesca von Habsburg. Même regret de voir chez Jack Shainman un bon artiste comme l’Indien Subodh Gupta se perdre dans des sculptures grandiloquentes formant des têtes de militaires. Malgré l’ironie du titre, Gandhi’s Three Monkeys, l’œuvre n’échappe pas au premier degré. On s’attarde plus volontiers sur l’excellent solo show de Marcel Dzama chez David Zwirner, mélangeant dessins, film et dioramas inspirés des autels mexicains. Mais c’est chez Lehman Maupin, dans le Lower East Side, que l’on peut voir jusqu’au 3 mai l’exposition la plus réussie, convoquant avec une rare finesse Goya, Calder, Mario Garcia Torres ou Pavel Althamer. Mention spéciale enfin pour la rétrospective des meubles Jean Royère organisée jusqu’au 12 avril par Patrick Seguin et Jacques Lacoste chez Sonnabend.

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