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Inspecteur de la création ou des enseignements artistiques

Le Journal des Arts - n° 278 - 28 mars 2008

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Expertise et éthique administrative : deux prérequis pour intégrer ce corps qui compte une poignée de professionnels de l’art contemporain.

Sont-ils ces « flics de l’art » imposant leur diktat sur la création, comme le disent certains artistes ? Si, étymologiquement, l’inspecteur est « celui qui scrute », le terme ne plaît guère aux principaux intéressés. Philippe Hardy, inspecteur-général adjoint de la création, préfère pour sa part utiliser le terme d’entremetteur. « Notre rôle est d’écouter les demandes, de créer des synergies, d’être la tête de pont de tout un arsenal », explique ce dernier, qui a longtemps œuvré à l’étranger et voit dans son métier « une spécificité française : celle de l’État expert ». Copié sur le modèle des autres administrations, notamment de l’Éducation nationale, mais aussi des autres directions du ministère, ce corps scientifique a été mis sur pied lors de la création de la Délégation aux arts plastiques (DAP) dans les années 1980, prolongeant ainsi l’action des anciens inspecteurs des beaux-arts. Avec deux champs : la création et les enseignements artistiques, soit au total moins d’une vingtaine de professionnels. La DAP étant une administration de mission, leur action ne se limite pourtant pas à un strict contrôle des institutions sous tutelle. « L’inspection est aujourd’hui loin d’être l’activité principale, confirme Olivier Kaeppelin, délégué aux arts plastiques et lui-même ancien membre de l’inspection. Le travail consiste avant tout à conseiller et à accompagner les projets ». Les missions techniques sont plurielles : piloter les projets de commande publique, guider les Fonds régionaux d’art contemporain dans leurs acquisitions ou leurs projets immobiliers, acquérir des œuvres pour le compte de l’État, garantir la qualité de l’enseignement des écoles d’art et de leurs diplômes, recevoir et orienter les artistes… « Nous pouvons mener de bout en bout un projet. Le faire émerger puis le concrétiser », s’enthousiasme Corinne Le Néün, inspectrice générale de l’enseignement artistique, domaine pour lequel le travail d’inspection reste crucial.

Inter
En matière de création, les inspecteurs sont spécialisés dans un champ disciplinaire. C’est le cas d’Agnès de Gouvion Saint-Cyr, en charge de la photographie. « Mon rôle est de servir d’interface entre l’administration et le monde la photographie, qui touche à des domaines très différents : la création, mais aussi l’industrie, les services, la mode… », explique-t-elle. La capacité d’expertise est donc primordiale. « Pour être totalement armé, il ne faut pas devenir inspecteur trop jeune. Il faut avoir une densité d’expérience suffisante », souligne Olivier Kaeppelin. L’impétrant se sera donc illustré en qualité de commissaire d’expositions, aura produit des textes critiques, arpenté les ateliers d’artistes et les galeries, en évitant les sentiers trop balisés.
Si les rangs de la toute première équipe ont été grossis par de nombreux critiques d’art, la plupart des inspecteurs sont aujourd’hui d’anciens conseillers aux arts plastiques, appréciés pour leur travail sur le terrain au sein des Directions régionales des affaires culturelles. Les deux professions appartiennent désormais au même corps de l’administration. Mais, fort de ce bagage scientifique – qui se doit d’être cultivé –, il faut ensuite endosser le rôle d’un humble missionnaire et se plier aux contraintes et aux règles de l’administration. « Il faut avoir une éthique, insiste Olivier Kaeppelin, en meneur de troupes. Les décisions des inspecteurs s’inscrivent dans le cadre d’une action publique financée par de l’argent public. Le rôle d’un inspecteur n’est pas d’arbitrer les élégances, mais d’accompagner la création ». En d’autres termes, les engagements critiques doivent être remisés au profit d’une stricte neutralité. Et si le principe de liberté des inspecteurs les protège de la censure de leur délégué, certaines personnalités, jugées trop radicales, ont malgré tout été invitées à renoncer. Reste à savoir si, à l’heure des décisions couperet de la réforme de l’administration du ministère de la Culture, cette éthique missionnaire permettra de sauver ce corps d’expertise mal connu.

Sophie Flouquet

Formation

Recrutement par voie de concours interne et externe, plus rarement par voie contractuelle.
Rens. https://concours.culture.gouv.fr. Prochain concours : dossier à déposer avant le 11 avril.

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