Alfred Stieglitz

Itinéraire d’un pionnier américain

Le Journal des Arts

Le 30 mars 2001 - 378 mots

Photographe, Alfred Stieglitz fut aussi l’un des premiers défenseurs de l’art moderne européen aux États-Unis. La rétrospective de la National Gallery of Art de Washington retrace la vie et l’œuvre de l’homme et le consacre « personnalité la plus importante de l’art américain de la première moitié du XXe siècle ».

WASHINGTON (de notre correspondante) - Directeur de galerie et de journal, critique, agent, photographe : le parcours d’Alfred Stieglitz (1864-1946) est relaté dans ses moindres détails à la National Gallery of Art de Washington. Quelque 190 œuvres, sélectionnées parmi les 190 expositions organisées dans ses trois galeries new-yorkaises, illustrent les rôles que cet Américain a successivement joués pendant près de quarante ans. Radical, alerte, Stieglitz était aussi connu pour être ambitieux. Ouvrir des galeries, lancer des revues étaient les moyens d’asseoir sa position de leader. Sans répit, il s’acharne à introduire l’art d’avant-garde dans une Amérique réticente. De 1905 à 1917, dans les 5 m2 de sa première galerie, située au dernier étage du 291 Fifth Avenue, il expose des œuvres européennes parmi les plus contemporaines, observées avec intérêt par des collectionneurs telle Gertrude Vanderbilt Whitney. Orchestrant les “débuts américains” de Matisse, Rodin, Cézanne ou Picasso (1908-1911), Stieglitz organise surtout la première rétrospective de sculpture africaine aux États-Unis qui, de curiosité ethnologique, accède au rang d’œuvre d’art. Malgré un point de vue phallocrate selon lequel l’art des femmes – comme celui des Africains et des enfants – est intuitif, non-intellectuel et donc primitif, il s’est occupé sans relâche du travail de Georgia O’ Keeffe. De nombreuses images, dont le nu indécent de la jeune artiste photographiée par Stieglitz en 1921, témoignent des rapports de ce couple devenu charismatique. À celles-ci s’ajoutent des œuvres sur papier de Rodin, Matisse, Cézanne et Picasso ; des huiles sur toile de Kandinsky, des marbres de Brancusi et plus de 70 peintures et photographies du groupe des “Sept Américains” : Demuth, Hartley, Marin, Strand, O’ Keeffe et Stieglitz lui-même. “Adoré ou détesté”, Alfred Stieglitz est, selon Georgia O’ Keeffe, l’homme qui “permit à la pensée de prendre son envol.”

- L’ART MODERNE ET L’AMÉRIQUE : Alfred Stieglitz ET SES GALERIES NEW-YORKAISES, jusqu’au 22 avril, National Gallery of Art, 6th Street and Constitution Avenue, Washington, tél. 1 202 737 4215, tlj sauf lundi 10h-17h

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°124 du 30 mars 2001, avec le titre suivant : Alfred Stieglitz

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