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Entretien

Guy Cogeval, nommé président du Musée d’Orsay

« Réinvestir l’impressionnisme »

Le Journal des Arts - n° 275 - 15 février 2008

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Âgé de 53 ans, Guy Cogeval prendra ses fonctions à la tête du Musée d’Orsay, à Paris, le 8 mars, en remplacement de Serge Lemoine, atteint par la limite d’âge. Guy Cogeval a dirigé de 1992 à 1997 le Musée des monuments français, à Paris, puis le Musée des beaux-arts de Montréal jusqu’à sa démission à l’automne 2007. En 2003, il a publié le catalogue raisonné d’Édouard Vuillard. Il présente son programme.

En septembre 2006, vous nous aviez déclaré au Canada que vous auriez du mal à vous « réhabituer à un milieu hiérarchisé » ou à faire « le pied de grue à l’entrée d’une exposition pour attendre un ministre », non plus qu’à réduire votre salaire (1). Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis et revenir en France ?
J’ai des raisons personnelles. Par ailleurs, l’exposition « Walt Disney » (2) a déclenché une telle vague d’appréciation de mon travail que je me suis dit qu’il y avait en France une épaisseur critique inexistante dans les pays nord-américains. J’avais aussi le sentiment d’avoir fait le tour de la question. Dès 2005, j’avais été candidat à un autre musée dans le monde. L’exposition que j’avais organisée à Montréal sur le design italien n’avait pas rencontré un grand succès. Tout le Paris des musées, de Francine Mariani-Ducray à Françoise Cachin, m’a demandé de revenir en France, car il ne me restait qu’un an de disponibilité avant de devoir quitter définitivement le service public. J’avais envie de revenir au centre de Paris et, à 50 ans passés, je pensais à un plus grand musée. Je me suis aussi rendu compte qu’un établissement public est plus souple que ce que je l’imaginais.

Pourquoi avez-vous fait partie de la commission de Martin Bethenod qui s’est penchée sur les problèmes du marché de l’art ?
J’ai acheté sur le marché. Je connais la différence entre acheter sur le marché londonien, parisien ou new-yorkais. Je voulais voir comment le marché pouvait être fluidifié. Mais il est vrai que je suis plus à l’aise pour parler de postimpressionnisme que de marché de l’art !

Sur quel projet avez-vous été nommé à la tête d’Orsay ?
Sur un projet de réinvestissement de l’impressionnisme et du postimpressionnisme et sur une idée de croisement pluridisciplinaire. Ces derniers temps, il n’y a pas eu d’expositions croisant l’opéra, le cinéma ou la danse. J’en ai proposé une sur les origines du cinéma et une autre sur Verdi. Il faut aussi revenir à des expositions confrontant deux figures de l’art, comme Manet et Degas ou Puvis de Chavannes et Gustave Moreau. J’aimerais par ailleurs développer l’axe latin et celui avec l’Amérique du Sud, où je dispose de bons contacts. J’imagine une exposition sur l’Amérique latine au XIXe siècle. J’ai aussi proposé de créer un cercle des musées dédiés au XIXe avec le Kunsthaus de Zurich, le Musée Van-Gogh d’Amsterdam, les musées de Chicago et São Paulo, ou encore la Galerie d’art moderne de Rome. Il s’agirait de se voir une fois par an, d’échanger des idées, de faciliter les prêts, financer des études et susciter des colloques.

Poursuivrez-vous la politique en art contemporain mise en place par Serge Lemoine ?
Je continuerai, mais je n’en ferai pas ma ligne majeure. Je suis dix-neuviémiste et le Musée d’Orsay est un musée du XIXe siècle. Je vois davantage des interventions ponctuelles, pourquoi pas une sculpture de Paul McCarthy dans la grande nef ?

Quid des relations avec les collectionneurs ?
Il faut aller vers les collectionneurs, savoir les remercier, que la mention du donateur apparaisse sur tous les cartels y compris sur les fiches de prêt. Il faut que les conservateurs prennent sur leur temps bureaucratique pour rendre visite aux collectionneurs.

Souhaitez-vous la création d’une cellule mécénat, réclamée en vain par Serge Lemoine ?
Une ou deux personnes pour s’occuper du mécénat, ce n’est pas de trop pour un musée qui possède une telle aura aux États-Unis. Dès mars, je vais m’atteler à la création d’une société d’amis américains du musée. Les mécènes américains peuvent donner à Orsay, car c’est glamour, mais aussi parce que les collections sont inaliénables.

Serge Lemoine a beaucoup développé les expositions en Asie. Est-ce un axe que vous poursuivrez ?
Je vais surtout « latiniser » le Musée d’Orsay. C’est l’axe que je veux revaloriser parallèlement une orientation vers l’Amérique du Nord et du Sud.

Quelle est votre position concernant une éventuelle annexion de l’Orangerie ?
Je ne suis pas de nature irrédentiste. Je n’ai pas d’idées préconçues sur le sujet. Il existe évidemment une complémentarité. J’avais proposé dans mon projet la constitution d’un petit cercle avec des musées proches comme Marmottan, et d’un autre cercle avec des musées de province. Les collections d’Orsay ne sont pas assez riches pour créer une antenne, mais on peut imaginer des dépôts en régions. J’ai proposé par exemple un échange de grands formats avec différents musées, en traitant d’égal à égal avec eux.

Quel sera le premier projet portant votre empreinte à Orsay ?
Le premier projet pourrait être Verdi en 2010. J’aimerais aussi faire Louis II de Bavière. Tout cela avec des pointillés...

(1) lire le JdA no  243, 22 septembre 2006.
(2) présentée aux Galeries nationales du Grand Palais, sept. 2006-janv. 2007.

Roxana Azimi & Philippe Régnier

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