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Attaché culturel d’ambassade

Le Journal des Arts - n° 274 - 1 février 2008

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Certains métiers font rêver. Celui d’attaché culturel, chargé de la diffusion de la culture française dans le monde, est l’un de cela. Outre les séductions de l’ailleurs, son prestige est encore rehaussé par d’illustres prédécesseurs, dont quelques écrivains.

« Défendre la culture française face aux Américains a été une expérience formidable, confirme Frédéric Martel, chercheur et écrivain, ancien attaché culturel à Boston. Cette confrontation permet de relativiser le poids de la culture française ». Si elle dépend directement du Quai d’Orsay, l’action culturelle demeure, en effet, l’un des rares secteurs accessibles aux non-diplomates. Qu’il s’agisse des postes de conseillers de coopération et d’action culturelle (Cocac), qui supervisent l’action des attachés ou des directeurs de centres culturels, ou des attachés, le recrutement est hétérogène. Ouvert aux fonctionnaires détachés d’autres ministères, il attire de nombreux enseignants. C’est le cas de Stéphane Foin, Cocac en poste à l’ambassade de France de Jakarta, en Indonésie. Professeur agrégé détaché de l’Éducation nationale, il avait auparavant travaillé 5 ans à l’Alliance française, en Inde et au Mexique, et quatre années au Quai d’Orsay, à Paris.
Par souci de brassage, le ministère des Affaires étrangères offre également la possibilité d’un recrutement plus limité – et très sélectif – d’attachés, par voie contractuelle, à quelques non-fonctionnaires. Les profils spécialisés sont appréciés, les attachés travaillant, en général, sur un domaine d’intervention thématique précis : livre, cinéma, relations avec les universités, création artistique, multimédia... Cette configuration dépend de la taille de la représentation française à l’étranger et dans certains pays, quelques attachés, dits « sectoriels » supervisent l’action culturelle sur une zone géographique. C’est la fonction qu’a exercée aux États-Unis pendant quatre ans Frédéric Martel, aujourd’hui producteur à France Culture et maître de conférences à l’Institut d’Études politiques de Paris. Son profil, atypique par rapport à l’administration, cadrait avec cette volonté de recourir à des personnalités aux compétences multiples. « Je connaissais bien les politiques universitaires internationales, pour avoir été conseiller du président de l’EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales), mais aussi la vie intellectuelle et le débat d’idées », explique ce dernier.
Sur place, l’attaché met en œuvre un programme d’action validé par le conseiller culturel. Des partenariats sont noués avec les opérateurs culturels locaux, mais aussi les collectivités locales ou les universités. Les ressources proviennent à la fois de subventions publiques, mais aussi de financements locaux. Malgré une très grande diversité de situations, les missions collent à la ligne politique du rayonnement culturel à l’étranger, dite de « diplomatie d’influence et de solidarité » : promouvoir la langue et la culture française, au sens large. « L’action culturelle en Indonésie repose sur l’action de nos quatre centres culturels, explique Stéphane Foin. Notre action est ancienne, très visible grâce à l’organisation, depuis 2004, d’un Printemps français, d’avril à juin. Nous faisons venir à cette occasion des artistes de premier plan, certes en nombre limité (Ballet de Biarritz l’an dernier, Hervieu-Montalvo en 2008) ». Dans les « zones de solidarité prioritaires », c’est-à-dire en Afrique et dans quelques pays du Moyen-Orient et d’Asie, l’échange est complété par une coopération et une promotion de la culture locale.

Budgets en berne
Si, sur le papier des communiqués officiels du ministère des Affaires étrangères, la France investit encore beaucoup dans son réseau culturel à l’étranger, le tableau s’assombrit pourtant d’année en année. De nombreux centres et instituts ferment leurs portes, certains quelques années seulement après avoir été ouverts. Les budgets d’action sont en berne et les gels récurrents bloquent de nombreux dossiers d’action culturelle. Pourtant, plus que les difficultés financières, c’est la lourdeur administrative que Frédéric Martel a eue le plus à regretter au cours de sa mission. « Pour ma part, je suis favorable à une autonomie de l’action culturelle française à l’étranger par le biais d’agences, même si le relais diplomatique doit perdurer dans certains pays. La culture est trop souvent monopolisée par des diplomates dont ce n’est pas le métier ».

Sophie Flouquet

Formation

- Les attachés culturels sont, soit des diplomates de carrière, soit des fonctionnaires détachés pendant une durée limitée auprès du ministère des Affaires étrangères. Quelques agents non titulaires sont recrutés par contrat à durée déterminée après sélection sur dossier. Les lettres de candidature doivent être adressées au ministère des Affaires étrangères, Direction des ressources humaines, Sous-direction PL/D, Bureau des affectations et des candidatures, 21 bis, rue La Pérouse, 75116 Paris. - Concours organisés par le ministère des Affaires étrangères Le personnel titulaire du ministère des Affaires étrangères est recruté exclusivement par voie de concours. Le Quai d’Orsay organise ses propres concours de recrutement, externes et interministériels, de catégorie A. Ce concours très sélectif permet d’intégrer les effectifs du ministère. Il faudra toutefois attendre au moins deux années d’expérience à Paris avant d’obtenir une mutation à l’étranger. Il faudra également accepter le principe de mobilité des missions d’une durée de trois à quatre ans. Une fois en poste, les fonctions varieront au sein d’un même grade entre secrétaire des Affaires étrangères, conseiller, attaché, vice-consul. Ministère des Affaires étrangères – Direction générale de l’Administration – Bureau des concours et examens professionnels, 23, rue La Pérouse, 75775 Paris cedex - École Nationale d’Administration Les lauréats du concours de l’ENA, sous réserve de leur rang de sortie, peuvent opter pour le ministère des Affaires étrangères. Ils sont alors nommés conseillers des affaires étrangères (cadre général). ENA, 13, rue de l’Université, 75007 Paris, tél. 01 49 26 45 45 - Informations sur les centres et instituts français à l’étranger : Alliance française, 101, boulevard Raspail, 75270 Paris cedex 06, tél. 01 42 84 90 00

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