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Liverpool 2008 dans le vent

Le Journal des Arts - n° 274 - 1 février 2008

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La nomination au titre de Capitale européenne de la Culture 2008 a eu l’effet d’un électrochoc.
- Le berceau des Beatles traverse une période d’activité sans précédent.

C’est comme si Liverpool gagnait la Ligue des Champions, qu’Everton remportait le doublé coupe-championnat, que les Beatles se reformaient, tout ça dans la même journée... et que Steven Spielberg débarquait pour en faire une superproduction hollywoodienne », s’est exclamé Mike Storey, conseiller municipal libéral démocrate de Liverpool en juin 2003, à l’annonce de la désignation de sa ville au titre de Capitale européenne de la Culture en 2008. Sur le banc de touche, Birmingham, Bristol, Cardiff, Newcastle-Gateshead et Oxford, avec lesquelles la concurrence a été féroce. Le comité des douze jurés missionnés par le gouvernement britannique a succombé à l’immense enthousiasme de Liverpool et de ses habitants. Son président, l’ancien directeur général de la Royal Opera House, Sir Jeremy Isaacs, a souligné le rôle crucial joué par le projet de développement des docks, et du centre-ville et le prestige de ses collections d’art.
Sous le slogan « The World in one city » (« Le monde dans une ville »), l’ambitieuse candidature de la ville du Lancashire a obtenu un succès inattendu. En plaçant la culture, la création et le tourisme au cœur de son projet de renouveau, Liverpool s’est préparée à accueillir 1,7 million de visiteurs, et à engranger 150 millions d’euros de revenus. Chômage, violence et pauvreté ont longtemps terni l’image de la cité du comté de Meyerside depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Aussi, la victoire du projet a-t-elle eu l’effet d’un électrochoc financier, confortant une vague d’investissements déjà amorcée quelques années plus tôt – le nombre de salariés employés dans l’industrie du tourisme devrait passer de 20 000 à 30 000 d’ici à 2015. Liverpool est aujourd’hui la ville qui connaît la plus forte croissance économique d’Angleterre.
Les hôtels de toutes gammes poussent désormais comme des champignons, à l’image du Hard Day’s Night Hotel – la découverte du berceau des Beatles attise la curiosité de 600 000 touristes chaque année – ou de l’Hôtel Hilton du Paradise Street Project, colossal projet d’aménagement urbain de 17 hectares entrepris par Grosvenor, la société de développement du duc de Westminster (1,5 milliard d’euros). Sur les bords de la Mersey, le Kings Waterfront Project multiplie lui aussi les zones résidentielles, culturelles, sportives, commerciales et les espaces verts (600 millions d’euros), transfigurant les célèbres et sinistres docks, inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco, en lieu de promenade. Y trône désormais l’Echo Arena-Convention Center, un palais des congrès longtemps attendu, qui comprend une salle de conférence de 1 500 places et une salle de concert pouvant contenir 10 600 spectateurs (220 millions d’euros). Un peu plus loin, un nouveau Museum of Liverpool (91 millions d’euros), dont l’ouverture est prévue en 2010, viendra s’ajouter aux sept autres musées que compte la ville sous l’appellation de National Museums Liverpool (NML). L’Orchestre philharmonique royal de Liverpool, la Foundation for Art and Creative Technology, pour les amateurs de films et de nouveaux médias, et le tout récent Musée international de l’esclavage sont parmi les institutions locales à participer pleinement aux festivités. La rétrospective Gustav Klimt de la Tate Liverpool espère ainsi attirer de nombreux visiteurs (lire p. 19).
Pour les pessimistes, l’euphorie de la cérémonie d’ouverture du 12 janvier dernier fera difficilement oublier plusieurs années d’une gestation douloureuse. La London Culture Company (LCC), organisation mandatée par la ville pour mener à bien le programme des festivités avant et pendant l’année 2008, a traversé plusieurs crises de gestion sur fond d’intrigue politique. L’annulation du Matthew Street Festival, prévue en septembre dernier, a coûté son poste au directeur de la LCC, Jason Harborow, lequel a quitté le navire quelques jours avant l’inauguration officielle. La directrice artistique d’origine australienne Robyn Archer a démissionné « pour motifs personnels » au début du mois de juillet 2007. Si son remplacement au pied levé par le créateur de séries télévisées populaires Phil Redmond a apaisé les esprits, le dépassement de budget de 30 millions d’euros annoncé par la municipalité sera difficile à résorber. Chef du groupe d’opposition travailliste à la municipalité, Joe Anderson a démissionné en juin du conseil de la LCC en stigmatisant la mauvaise gestion du projet : « Je ne pense pas que nous en ayons profité pour fortifier nos institutions culturelles, ni pour saisir des opportunités pour l’emploi dans les zones les plus pauvres de la ville. » Le rendez-vous des prochaines élections municipales partielles est déjà pris.

Maureen Marozeau

Stavanger, l’autre capitale de la Culture

Faut-il y voir un signe ? L’une des plus belles chansons des quatre garçons dans le vent, Norwegian Wood, se trouve être le nom du concours de nouvelles constructions en bois organisé dans le cadre de Stavanger Capitale européenne de la Culture 2008. Située au Sud-Est de la Norvège, Stavanger et ses 117 000 âmes ont inauguré à leur manière une année qui promet d’être riche en termes d’échanges. Baptisé Open Port (qui signifie « porte ouverte » en norvégien), le programme s’articule autour d’une vingtaine de projets soumis lors de la candidature en 2004, auxquels s’ajoutent plus d’une centaine des propositions faites par le public, ainsi que les événements imaginés par le comité d’organisation. Pas d’expositions majeures ici mais de nombreuses créations sur le vif, notamment grâce aux artistes en résidence. Avec un budget s’élevant à 38 millions d’euros, Stavanger 2008 n’a pas souffert des mêmes déboires financiers que son homologue britannique. Sans parler de la violence qui a terni les festivités d’ouverture de la cité liverpuldienne, une inconnue dans cette ville prospère appartenant au pays le plus sûr du monde. www.stavanger2008.no

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