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Accueil > Le Journal des Arts > Archives > Rome en toute majesté - Le Journal des Arts - n° 168 - 4 avril 2003

Castelli Gattinara Federico - 400 mots - Le Journal des Arts n° 168 - 4 avril 2003

Rome en toute majesté

La ville revient sur son rôle de capitale artistique

400 mots - Le Journal des Arts n° 168 - 4 avril 2003

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Grand rendez-vous romain de ce printemps, l’exposition « Majesté de Rome. De Napoléon à l’unité de l’Italie » se tient dans trois espaces d’exposition de la capitale italienne : la Galleria Nazionale d’Arte Moderna, la villa Médicis et les Écuries du Quirinal (lire les encadrés). Conçue par Stefano Susinno, qui nous a quittés il y a un an, et Olivier Bonfait, chargé de mission pour l’histoire de l’art auprès de l’Académie de France à Rome, la manifestation dresse le portrait artistique d’une ville dont l’importance historique reste inégalée.

ROME - L’événement de ce printemps 2003 en Italie est sans conteste “Maestà di Roma”(Majesté de Rome), vaste manifestation issue d’une collaboration franco-italienne, qui, en trois expositions distinctes et deux catalogues imposants, évoque le rôle prépondérant de la ville de Rome dans l’histoire de l’art européen. “L’idée du beau”, qui s’est tenue à Rome en 2000, et “L’art à Rome au XVIIIe siècle”, organisée à Philadelphie en 2001, ont été [...]

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“D’Ingres à Degas. Les peintres français à Rome�? L’Académie de France à Rome abrite comme il se doit la section française de la manifestation, mais elle célèbre également le bicentenaire du transfert, à la demande de Napoléon, de l’institution du Palazzo Mancini vers la villa Médicis. Organisée par Olivier Bonfait, l’exposition présente un panorama des artistes français venus à Rome au cours du XIXe siècle, qu’ils aient remporté le prestigieux Prix de Rome ou qu’ils soient venus en simples voyageurs. La ville fut pour eux à la fois une source d’inspiration, un lieu de formation et une étape fondamentale de leur carrière artistique. L’exposition débute avec des œuvres néoclassiques de Jacques Louis David et d’Ingres – dont certains exemples célèbres comme Jupiter et Thétis, signé de ce dernier – et se poursuit avec l’évocation de l’ambiance culturelle de la villa Médicis, à travers une série de portraits et de vues de la Villa et de ses ateliers. Les principales thématiques romaines sont évidemment revisitées : le nu mythologique, ainsi dans la Bacchante de James Pradier, le paysage classique ou d’après nature comme chez François Granet ou Jean-Baptiste Corot, la fierté du peuple romain avec les trois versions de la Course des chevaux libres de Théodore Géricault, et, pour finir, le genre pittoresque avec ses brigands ou paysans. Le purisme historique absolu incarné par Ingres, qui dirigea l’Académie entre 1835 et 1841, et dont témoigne Les Gracques d’Eugène Guillaume, précède les innovations stylistiques des années 1870, à l’époque des premières expositions indépendantes des artistes impressionnistes à Paris. Le classicisme romain, à présent déclinant, réussit encore à évoluer vers un imaginaire antique grâce aux œuvres de Gustave Moreau et d’Edgar Degas, qui signent le dernier chapitre de la section française. “Universelle et éternelle�? Les Écuries du Quirinal célèbrent la dimension supranationale et atemporelle de Rome, la “mère commune de tous les beaux-arts�?. La thématique aborde l’image classique et chrétienne de la ville, la suprématie de la sculpture et l’époque de la Restauration catholique. Le visiteur est également invité à découvrir des aspects plus spécifiques de l’histoire de la ville, comme l’exposition internationale d’art au Capitole en 1809 ou le chantier napoléonien du Quirinal. Les chefs-d’œuvre jalonnent le parcours, depuis le Songe d’Ossian d’Ingres – peint pour la chambre à coucher de Napoléon au Quirinal – jusqu’au rapprochement inédit des deux Vénus italiques d’Antonio Canova et de Bertel Thorvaldsen. Sur les 160 musées et institutions qui ont contribué à la manifestation, la Tate Gallery de Londres a prêté l’emblématique Rome vue du Vatican de J. M. William Turner, et la Staatsgalerie de Stuttgart, l’élégiaque Iphigénie d’Anselm Feuerbach. L’exposition propose une comparaison et un croisement entre les mythes classique et chrétien, tels qu’ils s’inscrivent dans l’histoire de la ville, à travers la modernité de l’ère napoléonienne, le retour de la domination pontificale, les racines paléochrétiennes et médiévales de l’Église, et les événements liés à l’instauration de la République romaine de 1849 à l’unification de l’Italie. “Capitale des arts�? En vertu de l’espace fragmenté dont elle dispose, la Galleria Nazionale d’Arte Moderna développe une myriade de thèmes liés à Rome, capitale des arts : de la diversité de la formation académique au monde cosmopolite des artistes et des collectionneurs, de la peinture d’histoire au paysage classique en passant par le dessin académique, de la diffusion de la peinture de genre – la plus commerciale et la plus exportée – à l’art de la fresque, redevenue à la mode. Dans la période qui précède l’unification italienne, Rome est la ville de tous, l’urbs magistra artium où l’on vient du monde entier pour étudier et comparer les œuvres d’art. L’exposition retrace, grâce à de nombreux portraits, la vie des artistes, leur atelier, les institutions auxquelles ils se référaient, les expositions, le marché de l’art, les relations internationales, ainsi que les rapports entre art, musique et littérature. Parmi les chefs-d’œuvre figurent Le Dernier Jour de Pompéi de Karl Brjullov, prêté par le Musée de Saint-Pétersbourg, Paolo et Francesca d’Ingres, du Musée d’Angers, et la Nydia de Randolph Rogers, du Metropolitan Museum of Art de New York.

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