Salon du dessin

La foire rajeunit son offre

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 10 mars 2015 - 766 mots

Le salon du Palais Brongniart renouvelle près de 20 % de ses exposants, en conservant son noyau de base et renforçant la présence des galeries étrangères.

PARIS - Créé en 1991, le Salon du dessin est devenu au fil des ans une véritable institution. Il ouvre ses portes au Palais Brongniart pour sa 25e édition, organisée du 25 au 30 mars, avec cette année une rotation notable en termes d’exposants ainsi qu’une forte participation étrangère.
Le succès de la manifestation tient à sa formule : c’est un salon spécialisé dans un domaine pointu, il est international et accueille les meilleurs marchands du monde, il bénéficie d’une bonne communication auprès des institutions et collectionneurs étrangers, et enfin, il fédère autour de lui une multitude d’événements – conférences et expositions – qui attirent les grands collectionneurs et conservateurs. Cette année, la Bibliothèque nationale de France, invitée du Salon, expose une trentaine de dessins d’architecture en relation avec le sujet du colloque. De même, les plus grands musées parisiens participent à la « semaine du dessin » : « ces institutions donnent une crédibilité et une symbolique au Salon », note Nicolas Joly, expert en tableaux et dessins anciens. Mais sa vraie force, « c’est la démarche des marchands qui gardent leurs dessins pour les dévoiler à ce moment-là aux conservateurs qui viennent en nombre », précise Louis de Bayser, aux commandes de l’événement.

Si, à l’origine, le salon réunissait essentiellement des marchands de dessins anciens, aujourd’hui, un réel équilibre s’est opéré entre dessins anciens et feuilles modernes. « Il est plus aisé de trouver sur le marché des dessins modernes que des dessins du XVIe siècle, alors les marchands se sont modernisés d’eux-mêmes. Il n’y a plus de surreprésentation de l’ancien sur le moderne », explique Louis de Bayser. Sur les 39 participants (le même nombre qu’en 2014), le salon enregistre sept nouvelles enseignes (contre trois l’an passé), un renouvellement important. Or, la plupart des nouveaux venus officient en peinture moderne et contemporaine, à l’instar des parisiens Damien Boquet Art et Thessa Herold ou des londoniens Marlborough et Aktis Gallery. Il figure tout de même parmi eux de purs classiques comme Marty de Cambiaire (Paris) et Tarantino (Paris), lequel expose un dessin de Julien de Parme, Joseph rencontre son père dans le désert aux portes de l’Égypte (1761) ainsi que Poliphème, de Raffaello da Montelupo, collaborateur de Michel-Ange (pièces proposées à 13 000 euros chacune).

Des œuvres “un peu modernes”
Autre point fort de la foire, les galeries étrangères sont venues en nombre : on en recense 20 (17 en 2014), soit plus de la moitié, en provenance du Royaume-Uni, d’Italie, d’Allemagne, des États-Unis (4), de Suisse, d’Espagne et de Belgique. À noter, la galerie Antonacci & Lapiccirella (Italie)montre La Nuit et L’Aurore, deux dessins de Charles Le Brun, un artiste rare sur le marché.
Selon Nicolas Joly, « les œuvres qui se vendent bien en ce moment sont un peu modernes, originales, spectaculaires, voire étranges. Le public est très exigeant et recherche des pièces qui l’étonnent. Les exposants tiennent compte de cette évolution et font des choix plus éclectiques, moins classiques ».
Parmi les feuilles « surprenantes » à ne pas manquer, un dessin réalisé sur le vif, Paysage italien, de Charles Natoire (1700-1777), à la pierre noire et sanguine (autour de 50 000 euros), ainsi qu’un fusain très poudreux de Toulouse-Lautrec, Portrait de son oncle, le comte Charles de Toulouse-Lautrec (autour de 100 000 euros), sont  proposés à la Galerie de Bayser (Paris). Éric Coatalem (Paris) montre Le Mariage de la Vierge Marie (1792), de Giandomenico Tiepolo, et Homme dormant, de Louis de Boullogne (1654-1733). Jean-Luc Baroni (Londres) dévoile Nègreries Martinique (1890), de Gauguin, issue de l’ancienne collection Jan Krugier : « Il ne s’agit pas d’un dessin proprement dit mais d’une œuvre bien plus complexe, peinte à la gouache, à l’aquarelle et qui comporte même une partie de collage », explique le marchand. Patrick Derom (Bruxelles) propose un lavis de Léon Spilliaert, L’Estacade (1907), tandis que Stephen Ongpin (Londres) livre un pastel d’Alfred Sisley, (Les Falaises de Langland Bay, 1897).

Les prix pratiqués au salon s’échelonnent de 3 000 à 500 000 euros en moyenne. « Si le marché est encore dynamique, on observe un rapprochement entre le marché du “dessin plaisir” (3 000 à 10 000 euros) et le marché intermédiaire (10 000 à 60 000 euros), tous deux stables, tandis que les pièces de première importance sont en pleine croissance », souligne Louis de Bayser.

Salon du dessin

Direction : Louis de Bayser
Nombre d’exposants : 39
Nombre de visiteurs en 2014 : 13 000

Salon du dessin 2015

Du 25 au 30 mars, Palais Brogniart, place de la Bourse, 75002 Paris
www.salondudessin.com
12h-20h, nocturne le 26 mars jusqu’à 22h, entrée 15 €, catalogue inclus.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°431 du 13 mars 2015, avec le titre suivant : La foire rajeunit son offre

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