Archéologie

Au temps d’Arelate

Le Louvre met en lumière les vestiges exhumés à Arles parmi lesquels le buste présumé de Jules César

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 5 juin 2012 - 499 mots

PARIS - Les fouilles subaquatiques réalisées depuis plus de vingt ans à Arles, dans la partie urbaine du Rhône, avaient fait l’objet d’une grande exposition au Musée départemental Arles antique à la fin de l’année 2009.

Les vestiges exhumés par l’équipe du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm, Marseille) avaient alors attiré près de 400 000 visiteurs – un record pour une ville de 50 000 habitants. Désormais, l’institution arlésienne se concentre sur ses travaux d’agrandissement destinés à la doter, d’ici à 2013, d’une extension de 800 m2. Signés Jean-François Hérelle, ces nouveaux espaces seront consacrés à la navigation et au commerce fluviomaritime de l’époque romaine avec, en pièce maîtresse, l’épave du chaland découvert dans le Rhône à la fin 2010.

Le Rhône, ce dépotoir
Partenaire privilégié de l’Arles antique, le Musée du Louvre reprend aujourd’hui à son compte la manifestation de 2009, à la lumière des données archéologiques récentes et en regard de pièces issues de ses propres collections mais aussi de prêts venant d’autres établissements. Sur un mode didactique, la démonstration souligne l’importance des découvertes réalisées pour la connaissance de l’antique « Arelate », colonie romaine fondée par César en 46 avant notre ère, dotée d’un port double à la fois fluvial et maritime. Véritable dépotoir où les vestiges antiques et modernes se côtoient dans l’anarchie la plus totale, le Rhône a, en effet, livré quantité d’éléments architecturaux, céramiques, pièces d’orfèvrerie et sculptures qui permettent de retracer l’évolution urbaine de la cité, de mettre en exergue son rôle commercial ou la vie quotidienne de ses habitants. Des films subtilement inscrits au sein du parcours montrent le travail des archéologues dans ce fleuve capricieux où les conditions de fouilles sont particulièrement difficiles. Magnifiés par un éclairage zénithal, les objets se révèlent au visiteur de manière théâtrale. L’occasion de (re)découvrir des pièces déjà ultra-médiatisées au moment de leur découverte : la Statue de Neptune en marbre (vers 160-180) importée de Grèce, la Victoire en bronze doré d’inspiration hellénique… Et, surtout, clou du spectacle, le buste qui a tant fait couler d’encre lors de sa découverte fin 2007 et continue de déchirer la communauté scientifique : ce portrait masculin en marbre de très belle facture en lequel Luc Long, conservateur en chef du patrimoine et directeur du Drassm, a reconnu les traits de Jules César. L’œuvre est confrontée à d’autres effigies sculptées à l’image de l’empereur romain (pour la plupart des portraits posthumes), parmi lesquelles le fameux portrait de Turin découvert à Tusculum en Italie. Le jeu des ressemblances n’apparaît pas particulièrement probant.

La table ronde organisée le 20 juin à l’Auditorium du Louvre, ainsi que les « Rencontres autour de la sculpture romaine » qui se tiendront à Arles les 18 et 19 octobre prochains, devraient apporter de nouveaux éléments de réponse.

ARLES, LES FOUILLES DU RHÔNE

Musée du Louvre, 99, rue de Rivoli, 75001 Paris, tlj sauf mardi, 9h-17h30 et jusqu’à 21h30 les mercredi et vendredi, www.louvre.fr. Catalogue, coéd. Musée départemental Arles antique/Actes Sud, 392 p., 40,50 euros.

ARLES, Fouilles

- Commissaires : Jean-Luc Martinez, directeur du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines du Musée du Louvre ; Claude Sintès, directeur du Musée départemental Arles Antique.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°371 du 8 juin 2012, avec le titre suivant : Au temps d’Arelate

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