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John Cheim, galerie Cheim & Read, à New York

« Les femmes restent sous-évaluées »

Le Journal des Arts - n° 263 - 6 juillet 2007

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Après les ventes publiques new-yorkaises et les fortes transactions de la Foire de Bâle, tout le monde se demande jusqu’où ira cette frénésie. Craignez-vous une crise ?
Je n’ai aucune inquiétude pour l’avenir du marché de l’art contemporain. Nous avons vu dans le passé des cycles où les prix se sont effondrés ou corrigés. À chaque fois, le marché s’est relevé de la crise avec plus de force et une audience élargie. Il y a des possibilités de croissance folles si on fait des choix intelligents.

Pourquoi avez-vous décidé d’exposer cette année à la Foire internationale d’art contemporain (FIAC), à Paris ?
Nous nous sommes résolus à la faire parce que nos collègues avaient trouvé leur participation intéressante l’an dernier. Bien sûr, c’est toujours agréable d’être à Paris. Même si je dois avouer que nous n’avons pas beaucoup de clients français, les gens du monde entier viennent à Paris. Nous travaillons aussi avec des créateurs français, Claude Viallat et Bernard Piffaretti. Joan Mitchell, dont nous représentons la Fondation, connaissait ces deux artistes et leurs œuvres figurent dans sa collection.

Comment ces artistes français sont-ils perçus aux États-Unis ?
Les Américains restent désespérément fermés aux artistes français. Je ne comprends pas pourquoi ils considèrent l’art allemand comme sérieux et l’art français comme formel et décoratif. Lorsque Claude Viallat a eu une très belle exposition dans notre galerie, le New York Times l’a totalement ignoré alors qu’il est l’un des grands maîtres français. Serait-ce une gifle du provincialisme new-yorkais ? Le marché européen est plus profond, les collectionneurs plus réfléchis et moins spéculatifs. Ils sont pétris de traditions esthétiques. Ils collectionnent en profondeur parce qu’ils aiment l’art et non avec une arrière-pensée de profit.

Pourquoi avez-vous choisi de montrer à la FIAC un face-à-face entre Joan Mitchell et Louise Bourgeois ?
Ce qui nous semblait intéressant, c’est que Louise Bourgeois est française américaine. Elle a quitté la France pour l’Amérique en 1938 et elle a aujourd’hui 95 ans. De son côté, Joan Mitchell était une Américaine française. Elle a quitté les États-Unis pour Paris en 1958. Ce sont des femmes, et en tant que telles, elles restent sous-évaluées.

Joan Mitchell a toutefois eu deux records d’affilée en ventes publiques à Paris, chez Artcurial en 2006, puis chez Christie’s en mai.
Le record récent de 5,2 millions d’euros chez Christie’s est passé totalement inaperçu dans le New York Times, qui ne rate pourtant pas une occasion de souligner les records pour Warhol ou De Kooning. On réalise seulement maintenant que l’œuvre de Joan Mitchell est aussi forte que celle d’autres expressionnistes abstraits. Si elle n’a pas encore atteint leurs prix, c’est qu’elle est pénalisée en tant que femme.

Les records en ventes publiques ont-ils une influence sur vos prix en galerie ?
Lorsqu’il y a un record, nous en tenons certainement compte ; ce fut le cas pour Mitchell, Diane Arbus ou William Eggleston. Mais un record ne va pas forcément établir une nouvelle structuration des prix. Il faut qu’il y ait plusieurs enchères importantes de manière répétée pour pouvoir parler d’un changement de marché.

Vous évoquiez Eggleston et Diane Arbus. Pourquoi Robert Mapplethorpe, qu’on intègre dans le tiercé gagnant des photographes des années 1970, ne jouit-il pas des mêmes prix que ces artistes ?
Ses prix ne progressent pas de la même façon tout simplement parce qu’il n’est pas aussi bon qu’eux. Il n’est pas aussi original et a une influence moindre. Mapplethorpe est clairement un dérivé d’Edward Weston, George Platt Lynes et Warhol. Et quant à ses fleurs, elles sont décoratives.

Les galeries new-yorkaises ont tendance à ouvrir un ou deux espaces supplémentaires de plus grandes dimensions. Comptez-vous vous agrandir ?
Avec mon associé Howard Read, nous aimerions un espace supplémentaire pour des projets spéciaux, mais nous n’avons pas encore de plans. Nous ne voulons pas bâtir un empire immobilier, ni bourgeonner comme les magasins Wall-Mart. Nous préférons une plus petite structure avec moins d’artistes que nous suivons de près.

Roxana Azimi

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