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Né dans la rue - Graffiti

Paris (France) - Fondation Cartier pour l'art contemporain
07 juillet 2009 - 10 janvier 2010
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La note du JournaldesArts.fr : A découvrir

Après le tag au Grand Palais au printemps dernier, c’est au tour de la Fondation Cartier, avec son expo collective « Né dans la rue – Graffiti », de rappeler que les tags ne sont pas toujours des gribouillis atroces qui contaminent nos villes mais participent d’un art urbain qui a son langage, ses pionniers et ses grands acteurs actuels de la scène mondiale.

Formellement, cette expo « éclatée » marche parce qu’elle fonctionne par capillarité graphique : les tags et graffitis prolifèrent sur les murs, les trottoirs, au plafond, dans les jardins, bref partout ! Le tout est présenté sur deux étages : les historiques au sous-sol (la naissance du mouvement à New York dans les 70’s via Coco 144, Part One, Seen…) et, au rez-de-chaussée, les contemporains (JonOne, Nug, Vitché, etc.).

Bien sûr, l’intention est louable (saluer un art franc-tireur), mais on ne peut s’empêcher en arrivant, lorsqu’on découvre la façade et les vitres du bâtiment taguées, de se dire qu’il y a toujours un paradoxe à voir une telle pratique, se voulant sauvage et incorruptible, s’afficher au sein d’un musée (une institution) et, disons-le clairement, l’alliance entre « arts de la rue » nés de bad boys et Cartier, enseigne de luxe cherchant à « s’encanailler », n’est pas des plus heureuses. On a l’impression de voir se déployer devant nous un art libre conditionné - un oxymore visuel, donc - et on s’aperçoit vite que l’impulsion libertaire, façon work in progress, qui habite le lieu n’est qu’illusoire : pour le visiteur, il est strictement interdit de prendre des photos.

Le rez-de-chaussée, consacré au graffiti d’aujourd’hui à Paris et ailleurs, montre de l’inédit (des pièces conçues spécifiquement pour l’occasion), mais ça sent trop le préfabriqué. Franchement, le street art ne prend toute sa puissance qu’en étant « à la rue », squattant terrains vagues, dépôts de trains et rames de métro. Ainsi, la Presumption of Sculpture (2009) de Boris Tellegen/Delta sonne faux, son placoplâtre défoncé n’a rien d’une mauvaise herbe, on dirait plutôt un énième artefact d’une Colère d’Arman. En dépassant son aspect Canada Dry fort gênant, cette expo chorale réserve tout de même de belles surprises. L’accompagnement éducatif (dépliant gratuit, édition d’un superbe catalogue, nombreux panneaux explicatifs et supports audiovisuels) est très au point et, le clou du parcours, c’est vraiment son sous-sol. Exit toute redite ou pâle reconstitution, par contre on remonte à la source de cet art par nature éphémère. Hormis quelques tableaux de Basquiat et Haring, très peu d’œuvres présentes physiquement ici, mais davantage des traces et témoignages, sous forme de photos, d’archives vidéo, de black books (carnets de croquis) et d’objets customisés : fringues, porte de salle de bain ou de frigo. De toute évidence, c’est à travers cette « archéologie du quotidien » que passe toute la force vive et rimbaldienne de l’aventure hors-la-loi des tagueurs.
Légende photo : Stalingrad, Paris (1985) - photo Henry Calfand

Lieu d'exposition

Fondation Cartier pour l'art contemporain

261, boulevard Raspail
75014 Paris
Ile-de-France
France
Tél : +33 (0)1 42 18 56 50
Horaires : De 11h à 21h  - De 11h à 22h mardi
Jour(s) de fermeture : Fermé le 1 er janvier et le 25 décembre

Voir leur Site Web

 


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